Mort de Michel Blanc : L’acteur et réalisateur était aussi un grand amoureux de musique classique

PARIENTE JEAN-PHILIPPE/SIPA

On a appris ce matin la mort, à l’âge de 72 ans, de Michel Blanc suite à un malaise cardiaque. Acteur et réalisateur talentueux, l’ancien membre de la bande du Splendid était aussi un grand amateur de musique classique et un passionné de piano.

Acteur populaire depuis le succès des Bronzés avec ses amis du Splendid, le tourmenté Michel Blanc a alterné le rire et l’émotion en explorant avec finesse, devant et derrière la caméra, l’âme humaine. « On sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher… ». Pour beaucoup, il restera à jamais Jean-Claude Dusse, le gringalet chauve et moustachu des Bronzés, dragueur raté toujours persuadé de pouvoir « conclure ».

Si ce personnage aussi exaspérant qu’attendrissant l’a un temps enfermé dans le comique avec des rôles d’hypocondriaque ou de maladroit, Michel Blanc a montré par la suite un immense talent d’acteur en campant notamment l’inquiétant Monsieur Hire de Patrice Leconte (1989) ou encore dans Tenue de soirée de Bertrand Blier pour un rôle qui lui permit d’obtenir le prix d’interprétation au Festival de Cannes en 1986. En tant que réalisateur, il dirigea 5 films dont le premier, Marche à l’ombre (1984),  attira plus de 6 millions de spectateurs en salle.

« Aller au concert, jouer du piano sont des moments essentiels de ma vie »

Ce qu’on sait moins, c’est que Michel Blanc a toujours été un amoureux de musique classique. Cette passion lui est venue dès le plus jeune âge en écoutant à la radio des émissions dont les génériques étaient souvent des morceaux de grande musique. Un des premiers disques écouté chez sa tante qui possédait un électrophone stéréo était un concerto de Wolfgang Amadeus Mozart joué par la pianiste Lili Kraus. A 13 ans, il s’était offert, avec ses économies, un billet pour aller voir un concert consacré à Ludwig van Beethoven à la Salle Pleyel.

Très attiré par le piano, il commence à l’étudier alors qu’il est adolescent, en parallèle de la comédie, découverte avec ses amis du lycée Pasteur de Neuilly, la future équipe du Splendid. Il racontait qu’à l’âge de 20 ans, pendant toute une année, il s’est enfermé dans sa chambre pour travailler au clavier 7 heures par jour. Cette passion pour la musique classique et le piano ne l’a jamais quitté. Il fut même récitant dans Pierre et le Loup, de Serge Prokofiev, sous la direction de Tugan Sokhiev au Capitole de Toulouse en 2006 et avait été le parrain de l’opération Orchestres en fête ! en 2009.

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Se confiant à l’ancien animateur de Radio Classique Olivier Bellamy, il avouait être allé écouter en concert de nombreux grand pianistes tels que Wilhelm Kempff, Rudolf Serkin, Claudio Arrau ou Samson François et avait exprimé son admiration pour Nicholas Angelich dans la nouvelle génération de pianistes. Invité de l’émission « Passion Classique » en 2015, Michel Blanc avait choisi parmi ses « madeleines » un impromptu de Franz Schubert joué par Serkin et un extrait de Boris Godounov de Modeste Moussorgski. « Aller au concert, jouer du piano », confiait-il « sont des moments essentiels de ma vie ».


Philippe Gault (avec AFP)

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