L’acteur allemand August Diehl, vu dans Inglorious Basterds, jouera Dimitri Chostakovitch au cinéma

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The Noise of Time (Le bruit du Temps), c’est le nom du film consacré à Dimitri Chostakovitch qui sera tourné en 2025. Adapté d’un roman de Julian Barnes, le film du réalisateur polonais Jan Komasa reviendra surtout sur la période au cours de laquelle le compositeur fut contraint de se plier aux directives des autorités soviétiques.

En janvier 1936, au Théâtre du Bolchoï, le chef de l’État soviétique Joseph Staline sort furieux d’une représentation de Lady Macbeth de Mzensk, l’opéra que Dimitri Chostakovitch, jeune compositeur de 30 ans très en vogue à l’époque, avait créé deux ans plus tôt. Dès lors, le compositeur russe, qui renonça à écrire des opéras et fut démis pendant une temps de ses fonctions de professeur à Moscou et Leningrad, vivra dans la crainte de déplaire aux autorités soviétiques auxquelles il fit, artistiquement parlant, allégeance au point d’être considéré comme une sorte de “musicien d’État“ jusqu’à sa mort en 1975.

C’est cette période complexe de la vie de Dimitri Chostakovitch que racontera le film The Noise of Time que tournera, à partir du 1er semestre 2025, le réalisateur polonais Jan Komasa. Inspiré du roman éponyme de Julian Barnes, lauréat du Booker Prize en 2016, le scénario est signé Christopher Hampton, oscarisé pour Les Liaisons dangereuses (Stephen Frears) et The Father (Florian Zeller). L’acteur allemand August Diehl, qu’on a pu voir dans le film de Quentin Tarantino Inglourious Basterds (2009), jouera le rôle de Dimitri Chostakovitch tandis qu’Andrea Riseborough (Birdman) interprétera celui de Nina, la 2e épouse du compositeur.

Dimitri Chostakovitch a composé la musique d’une trentaine de films

Dimitri Chostakovitch fut lui-même très concerné par le cinéma. Après avoir accompagné au piano des films muets pendant son adolescence à Saint-Pétersbourg, il compose sa 1ère musique de film en 1929, pour un autre film muet Nouvelle Babylone qui fut un échec. Deux ans plus tard, il connaît enfin le succès grâce à la musique qu’il composa pour le film Seul, dont on dit qu’il fut l’un des premiers films sonores que Staline a regardés. Dimitri Chostakovitch composera ensuite la musique de 32 films dont Le Roi Lear de Grigori Kozintsev en 1971.

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La musique du grand compositeur russe a surtout inspiré de nombreux réalisateurs. Près de 83 longs métrages ont utilisé certaines de ses œuvres, dont des blockbusters tels que Le Pont des espions (Steven Spielberg – 2015), Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick – 1999) ou Rollerball (Norman Jewison – 1975).

L’utilisation de 3 de ses morceaux dans le film Le rideau de fer (William A.Wellman – 1948) avait même été à l’origine d’un retentissant procès au Etats-Unis. Avec d’autres compositeurs soviétiques (Khatchatourian, Prokofiev, Miaskovski), Dimitri Chostakovitch avait attaqué la 20th Century-Fox qui estimait que leurs compositions étaient libres de droits car entrées dans le domaine public. Les 4 compositeurs finirent par obtenir gain de cause en vertu de la notion de « droit moral« . La décision de la Cour Suprême de New York est d’ailleurs référencée sous le nom de Shostakovich vs 20th Century-Fox Film Corp.

Philippe Gault

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