La Dolce Volta fait paraître l’intégrale de l’œuvre pour piano de l’auteur du Boléro par Philippe Bianconi.
Il est le compositeur français le plus joué au monde, grâce notamment au succès de l’inoxydable Boléro. Son catalogue, réduit, ne contient quasiment que des chefs-d’œuvre, tous inscrits au grand répertoire. Mais l’homme, lui, reste un mystère ; sa psyché, une grotte inaccessible ; sa vie sentimentale, une énigme… qui alimente tous les fantasmes – « Au fond, ma seule maîtresse, c’est la musique », déclarait-il.
Ravel pudique ? Ravel impassible ? Son œuvre pour piano tirée à quatre épingles, comme lui, ne livrerait-elle rien de ses secrets intimes ? Au-delà de la magie du son, de sa séduisante et éblouissante surface, Philippe Bianconi y décèle la passion, la sensualité, la profondeur, entre lumière et ombre…
Un Ravel d’une grande tenue
L’artiste niçois, à qui l’on doit une sélection de pièces pour piano de Ravel parue en 2007 chez Lyrinx (en public), livre ici une interprétation encore plus aboutie (« J’ai pris la mesure de la face sombre de sa musique », précise-t-il), tout à la fois vivante, incarnée, spirituelle et poétique. Un Ravel d’une grande tenue, tout en saveurs, passionné, sensuel, aussi élégant que haut en couleurs.
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Des Jeux d’eau au Jardin féérique, sans oublier quelques raretés dont d’autres prétendues intégrales font l’économie (Sérénade grotesque, Prélude). L’ami Clément Lefebvre apporte son concours à l’arrangement pour piano quatre mains de ma Mère l’Oye.
Jérémie Bigorie
Maurice Ravel : L’œuvre pour piano. Philippe Bianconi (piano). Le Dolce Volta (2 CD)
Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission « Tous Classiques » de Christian Morin.