Quiz Erik Satie : 5 questions sur le plus original des compositeurs

MARY EVANS/SIPA

Erik Satie a été l’inspirateur de nombreux mouvements artistiques de la seconde moitié du 20ème siècle. Il symbolise l’avant-garde qui a précédé puis suivi la Première Guerre mondiale.

Erik Satie fut un précurseur pour les compositeurs cherchant à sortir des formats traditionnels. Même s’il n’a composé qu’une cinquantaine d’oeuvre, il a ouvert la voie aux musiciens, guidant notamment les « minimalistes ». Voici quelques questions pour mieux connaître le compositeur des Gymnopédies, des Gnossiennes et de Parade.

Voici les réponses :

Où Erik Satie s’est-il installé à 21 ans ?

  1. A Arcueil
  2. A Montmartre
  3. A Honfleur

Après avoir quitté le Conservatoire de Paris, sentant que ce n’était pas fait pour lui, Erik Satie s’installe en 1887 au pied de Montmartre, où il fréquente assidûment les cabarets, notamment le Chat noir dont il dirige l’orchestre.

Cette période de sa vie le voit côtoyer des personnalités importantes de la Belle Epoque, comme Stéphane Mallarmé, Guy de Maupassant, Patrice Contamine de Latour, ou encore Paul Verlaine. Il écrit par la suite pour le music-hall, héritier du café chantant né dans les années 1770. Il accepte mal cette période et déclare n’écrire que de « rudes saloperies ».

 

Quelle est son œuvre la plus culte, qui a annoncé l’évolution de la musique au XXe siècle ?

  1. Les Gymnopédies
  2. Les Gnossiennes
  3. Je te Veux

C’est à Montmartre, où il est installé depuis un an, qu’Erik Satie compose les Gymnopédies, une série de trois variantes de valses lentes pour piano. Leur titre est repris du nom de danses rituelles exécutées à Sparte lors de fêtes religieuses dans la Grèce antique.

Il s’agit d’une œuvre extrêmement innovante, qui se place en rupture avec toutes les règles académiques de l’époque. Claude Debussy fera par la suite l’orchestration de la première et la troisième Gymnopédie. Maurice Ravel en deviendra aussi un fervent défenseur malgré les sarcasmes de Satie à son égard.

Quelle œuvre d’Erik Satie, réalisée en collaboration avec Jean Cocteau et Pablo Picasso, a fait un véritable scandale à Paris en 1917 ?

  1. Parade
  2. Trois morceaux en forme de poire
  3. Relâche

Avec Parade, Jean Cocteau imagine une œuvre comportant tous les ingrédients pour choquer le public de l’époque. Il imagine une parade de cirque, avec clowns et acrobates. Il s’agit en fait d’un ballet en un acte de la compagnie des Ballets russes dirigés par Serge de Diaghilev.

Ecrite par Jean Cocteau, sur une musique d’Erik Satie, Parade est inspirée du tableau Parade de cirque de Georges Seurat. La première représentation au théâtre du Châtelet a lieu le 18 mai 1917. Elle déclenche l’hostilité la plus totale des spectateurs et de la critique, qui n’apprécient guère le fait que l’orchestre comprenne une machine à écrire, des bouteilles, un pistolet et des sirènes…

Satie s’agace énormément de la critique désobligeante émise par le musicologue Jean Poueigh, qui parle d’ « outrage au goût français ». A cela, le compositeur répond simplement : « Monsieur et cher ami, vous n’êtes qu’un cul, mais un cul sans musique ».

Quel autre grand compositeur a été son plus grand ami ?

  1. Francis Poulenc
  2. Maurice Ravel
  3. Claude Debussy

Claude Debussy et Erik Satie se rencontrent à l’Auberge du Clou, où le second est « tapeur à gages » après avoir quitté le Chat noir. Leur entente est excellente au début, mais empire avec le temps, minée par une sorte de rivalité qui se développe entre les deux compositeurs.

Satie déclare tout de même à propos de son rival : « Si je n’avais pas Debussy pour causer des choses un peu au-dessus de ce dont causent les gens vulgaires, je ne vois pas comment je ferais pour exprimer ma pauvre pensée- si je l’exprime encore ».

Dans quelles conditions Erik Satie a-t-il fini sa vie ?

  1. Dans la pauvreté et souffrant de dépression
  2. Dans la gloire la plus totale, doté d’une grande fortune
  3. En vivant paisiblement à l’autre bout du monde, s’arrêtant de composer

A la fin de sa vie, le ballet Relâche qu’il crée en 1924 au théâtre des Champs-Elysées est un échec total. Il se retire dans une petite chambre à Arcueil, où il tente de cacher sa pauvreté matérielle. Il devient de plus en plus misanthrope, se fâche avec de nombreux collègues artistes et sombre dans la dépression.

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Ses amis, voyant un soir qu’il ne peut plus rentrer à Arcueil, lui trouvent une chambre d’hôtel à Paris. Il est rapidement hospitalisé, et meurt le 1er juillet 1925. Ses proches découvrent son petit studio dans un désordre immense, le sol jonché de mouchoirs et de parapluies emballés. Voilà deux passions de Satie dans la vie, qui témoignent de l’originalité du personnage : les mouchoirs et les parapluies.

Paul Cassedanne

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