Kandinsky à la Philharmonie de Paris : 200 œuvres pour explorer le lien entre peinture et musique

Crédit : Centre Pompidou, Musée national d’art moderne

Mondialement connu comme le « père de l’abstraction », le grand peintre russe Vassily Kandinsky était aussi un amoureux de la musique. Une exposition à la Philharmonie de Paris propose au public, à travers près de 200 œuvres et objets de son atelier, une immersion sonore et visuelle dans l’univers du peintre jusqu’en février.

Dans la pénombre, face à de grandes toiles noires animées par des images faisant référence à la Russie, la terre natale de Vassily Kandinsky, le visiteur se laisse porter par un opéra de Richard Wagner, Lohengrin, diffusé dans un casque. Cette introduction sensorielle de l’exposition fait référence au « choc » que le peintre russe dit avoir éprouvé en 1896 à Moscou, en entendant cet opéra pour la première fois.

« Kandinsky est sans doute l’artiste de la modernité qui a le plus étroitement lié peinture et musique, à travers plusieurs approches: intellectuelle, émotionnelle, sociale », souligne Marie-Pauline Martin, directrice du Musée de la musique et co-commissaire de l’exposition, qui est accessible jusqu’au 1er février à la Cité de la musique (Porte de La Villette à Paris).

Des esquisses pour la mise en scène de Tableaux d’une exposition de Moussorgski

L’exposition, rendue possible par la disponibilité de nombreuses toiles à la suite de la fermeture temporaire du centre Pompidou, montre l’évolution progressive de la peinture de Vassily Kandinsky vers l’abstraction. L’aboutissement de ce parcours est la présentation de plusieurs de ses grands chefs-d’œuvre: Jaune, rouge, bleu; Composition VIII (prêtée par le musée Guggenheim de New York); Composition IX et Composition X.

A lire aussi

 

Le travail autour de la musique, à l’instar de ses esquisses pour la mise en scène de Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski, est expliqué tout au long de l’exposition par des encadrés, des films réalisés par la Philharmonie, ou encore par des documents du peintre. Une adaptation ludique et pédagogique du parcours sonore a été pensée pour les enfants. L’expérience se veut aussi immersive: les musiques sont entrecoupées de sons d’ambiance comme un bruit de pinceau sur une toile ou par une voix.

Dessins préparatoires pour la mise en scène de Tableaux d’une exposition ©Centre Pompidou, Musée national d’art moderne

 

 

Une salle est consacrée à la relation du peintre avec le compositeur allemand Arnold Schönberg, également peintre amateur, avec qui il entretint une correspondance pendant plus de dix ans, une autre présente une multitude d’objets ayant appartenu à Vassily Kandinsky et faisant référence à la musique : disques, photos, partitions, livres.

Philippe Gault (avec AFP)

Retrouvez l’actualité du Classique