À l’occasion des JO de Paris, Radio Classique vous propose les témoignages de musiciens professionnels qui ont une pratique intense, voire intensive du sport, ainsi que celui de Nicolas Mompach, sportif de haut niveau à l’Insep (Institut National du Sport de l’Expertise et de la Performance) et saxophoniste. Faire du sport ou de la musique, qu’est-ce qui provoque le plus de sensations ?
Entre jouer une symphonie de Brahms ou courir un marathon, qu’est-ce-qui fatigue le plus ? Un sportif et un musicien ont-ils la même préparation ? Le trac est-il le même avant un concert ou avant un match ? Autant de questions que l’on se pose face à la mezzo-soprano Marina Viotti, golfeuse et joueuse de padel-tennis, au pianiste Gaspard Dehaene, qui fut classé au tennis dans sa jeunesse, à Tanguy de Williencourt qui n’a pas voulu choisir entre le piano et le marathon et l’alpinisme, et enfin Nicolas Mompach, tireur sportif et musicien amateur.
Sur scène, Marina Viotti chante Vivaldi (elle sera bientôt dans L’Olimpiade, au Théâtre des Champs-Elysées), mais quand le rideau tombe, elle joue un 18-trous ou une partie de padel-tennis : « le golf m’apporte tout ce que je n’ai pas : je ne suis pas très patiente, par exemple. Il m’oblige à entrer dans cette ‘zone’, un instant qui est presque de méditation, qui est très similaire à celle que j’ai sur scène. À l’opéra, j’entre dans un personnage et je me détache de mes émotions personnelles ».
Musique et sport nécessitent de l’endurance
Le pianiste Gaspard Dehaene a d’abord été classé au tennis avant de changer de voie : « Tout à coup, la musique m’a ‘enlevé’ au sport. C’est un monde qui nous ouvre grand ses bras pour nous consoler, nous rendre joyeux, nous donner de l’énergie. » Selon l’artiste, le grand point commun entre les deux est « la compétition avec soi-même ».
Tanguy de Williencourt, également pianiste professionnel et grand sportif (il a grimpé notamment le Kilimandjaro) , reconnaît modestement « quelques marathons et quelques ascensions en haute altitude ». La musique et le sport nécessitent de l’endurance, explique-t-il, particulièrement lorsqu’il s’agit d’oeuvres de longue haleine, comme Les Variations Goldberg de Bach, comparable selon lui à un marathon.
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Nicolas Mompach est un tireur sportif de haut niveau et son bagage musical fait la différence : « il a été déterminant dans ma performance sportive. Ce sont mes entraîneurs qui me l’ont fait remarquer : une grande sensibilité s’est développée, primordiale dans le sport puisqu’elle nous permet de nous écouter et donc de réussir à performer ». Ces musiciens et sportifs constatent que ce n’est peut-être pas le geste parfait qui fait l’excellence, mais cette « chose en plus » que l’on puise en soi.
Victoire Faure
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