Guerre en Ukraine : Le compositeur russe Tchaïkovski déprogrammé à l’Opéra de Cardiff

Début mars, 2 semaines après le début de l’intervention militaire russe en Ukraine, la direction de l’Opéra de Cardiff au Pays de Galles annonçait qu’elle déprogrammait un concert consacré à des œuvres de Tchaïkovski. Une décision qui a soulevé une vague de protestations. Depuis, les responsables de l’institution ont tenté de justifier cette initiative.

Dvorak, John Willams et Elgar pour remplacer Tchaïkovski

Le 18 mars, au Saint-David’s Hall, l’Orchestre Philharmonique de Cardiff devait interpréter plusieurs œuvres de Piotr Ilitch Tchaïkovski, parmi lesquelles la Marche Slave, l’Ouverture 1812 et sa 2ème Symphonie. Mais, 10 jours avant la représentation, la direction de l’institution annonçait qu’elle retirait Tchaïkovski de son programme car « inapproprié pour le moment, à la lumière de la récente invasion russe de l’Ukraine ».

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À la place, l’orchestre gallois a présenté vendredi un programme centré sur la Symphonie n° 8 d’Antonin Dvorak , avec The Cowboys Overture  de John Williams en ouverture du concert, et une représentation des Variations Enigma d’Edward Elgar en seconde partie.

Zagreb Varsovie et Prague ont déprogrammé des oeuvres de Tchaïkovski et Moussorgski

Dans un premier  temps, le directeur de l’orchestre a expliqué que la décision de déprogrammer Tchaïkovski n’était pas seulement due à la tonalité militaire des œuvres proposées – l’Ouverture 1812 célèbre en effet la déroute des armées françaises de Napoléon face à la Russie et la Marche Slave l’alliance russo-serbe face à l’Empire ottoman. Martin May a plutôt insisté sur le fait qu’un membre de l’orchestre a de la famille directement impliquée dans la situation en Ukraine et que, de plus, le morceau « Little Russian », dans la 2ème Symphonie du compositeur russe avait été jugé « offensant » pour les Ukrainiens lors de sa création en 1873.

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Confronté à un vaste mouvement de protestation et d’indignation suite à cette déprogrammation, Martin May a déclaré : « nous n’envisageons pas de modifier nos programmes d’été et d’automne qui comportent des oeuvres de Rachmaninov, Prokofiev et Rimski-Korsakov. Il n’y a aucune intention d’exclure Tchaïkovski en particulier. Il s’agit d’une décision ponctuelle prise avec les meilleures intentions et il est l’un de mes compositeurs préférés. Nous sommes conscients que, quelle que soit la décision que nous prendrons, cela ne se passera pas bien, nous sommes donc coincés entre le marteau et l’enclume ». En Europe de l’est, à Varsovie, le Théâtre Wielki  a annulé des représentation de Boris Godounov de Modeste Moussorgski,  le Philharmonique de Zagreb a retiré 2 œuvres de Tchaïkovski d’un programme symphonique présenté début mars et l‘Opéra national de Prague a annulé sa production des Souliers de la reine de Tchaïkovski.

Philippe Gault

 

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