La juge du Travail de Naples a ordonné la réintégration de Stéphane Lissner en tant que surintendant du Teatro di San Carlo. Un poste que le dirigeant français avait dû quitter en juin suite à l’adoption d’un décret fixant l’âge de la retraite des directeurs étrangers des institutions lyriques italiennes à 70 ans.
Adopté le 10 mai dernier, ce décret avait contraint Stéphane Lissner, atteint par la limite d’âge (70 ans depuis le 23 janvier), à quitter son poste de surintendant du Teatro di San Carlo où lui a succédé Carlo Fuertes, ancien administrateur délégué de la RAI. Celui-ci avait lui-même été remplacé dans le groupe audiovisuel public par un proche de Giorgia Meloni et du ministre de la Culture.
4 mois plus tard, nouveau rebondissement avec la décision conservatoire du tribunal de Naples dont la juge du travail a ordonné en début de semaine la réintégration immédiate de Stéphane Lissner dans ses fonctions de surintendant du Teatro di San Carlo.
Un recours possible contre la décision du tribunal
Pour justifier sa décision, la juge Ruggiero a estimé que ce décret ne pouvait pas s’appliquer à Stéphane Lissner, dont le mandat courrait jusqu’à mars 2025, et que sa révocation était illégitime, voire anticonstitutionnelle.
Cette disposition, qualifiée de « contra personam », visait en effet directement le dirigeant français (et Dominique Meyer, à la tête de la Scala de Milan, qui aura 70 ans en août 2025) et, selon les observateurs politiques, est surtout un moyen pour la présidente du conseil de reprendre la main sur le secteur culturel italien.
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Réagissant à cette décision en sa faveur, Stéphane Lissner a pointé « Un lien indissociable avec la dimension européenne dont l’Italie, Naples et le Théâtre San Carlo lui-même sont des expressions authentiques et constitutive » et que désormais, il est « disponible pour exercer mon rôle aux côtés des personnes extraordinaires qui travaillent au Teatro ».
Le maire de Naples, également président de la Fondation San Carlo, indique avoir « pris note » de cette décision et ne s’opposera pas à la réintégration de Stéphane Lissner, même s’il compte « évaluer la présentation de la plainte en appel (recours, ndlr) par l’intermédiaire du Parquet auquel nous avons confié la défense de la Fondation devant le tribunal ».
Philippe Gault