5 mois après avoir obtenu une somme conséquente en compensation de l’annulation par le Met Opera des concerts auxquels elle devait participer cette saison, la soprano russe attaque à nouveau l’institution new-yorkaise pour demander des dommages et intérêts et obtenir réparation des préjudices subis depuis.
Fin février, une commission d’arbitrage avait condamné le Met Opera à verser 200.000 dollars (182.000 euros) de dédommagement (pour 13 représentations annulées) à Anna Netrebko, dans le cadre du dispositif « pay or play » qui oblige les institutions à payer les artistes engagés, même si elles décident ensuite de les déprogrammer. La soprano qui demandait, initialement, le double, avait elle été condamnée à une amende de 30.000 dollars pour des propos « inappropriés » diffusés sur les réseaux sociaux.
5 mois plus tard, les conseils d’Anna Netrebko ont déposé, cette fois-ci devant le tribunal de district américain de Manhattan, une plainte contre le Met Opera et son directeur général Peter Gelb pour diffamation, rupture abusive de contrat et autres violations de la loi, liées au fait que l’institution new-yorkaise a retiré la chanteuse russe de sa programmation en raison de sa proximité présumée avec le Kremlin suite à l’intervention militaire en Ukraine.
Anna Netrebko demande un minimum de 360.000 dollars de dommages et intérêts
Dans la plainte, est indiqué qu’une quarantaine de représentations, dont la Tosca et Manon Lescaut de Giacomo Puccini, La dame de pique de Piotr Ilitch Tchaïkovski (en 2024-2025), et Macbeth de Giuseppe Verdi (en 2025-26), pour lesquelles Anna Netrebko aurait dû toucher 17.000 dollars par engagement, sont concernées par ces annulations unilatérales. Par conséquent, la chanteuse demande au moins 360.000 dollars (327.000 euros) de dommages et intérêts et affirme que la décision du Met lui a causé « une grave angoisse mentale et une détresse émotionnelle ».
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Dans un communiqué, l’équipe de la soprano russe estime qu’elle a été « victime de discrimination en raison de sa nationalité », que le Met et Peter Gelb l’ont utilisée « comme bouc émissaire dans leur campagne pour se démarquer de la Russie et soutenir l’Ukraine ». Positions et déclarations qui auraient considérablement nui à la poursuite de la carrière d’Anna Netrebko, notamment aux États-Unis. La chanteuse aurait même été contrainte de vendre à perte son appartement de New York.
Interrogé par le New York Times, le Met Opera a déclaré que la poursuite intentée par Anna Netrebko « n’a aucun fondement ». Pendant ce temps, la diva de 51 ans poursuit avec succès sa carrière en Europe. Elle est notamment attendue en ouverture de la saison 2023-2024 de la Scala de Milan dans Turandot de Verdi sous la direction de Riccardo Chailly à partir du 3 décembre
Philippe Gault