Des fragments présumés du crâne de Ludwig van Beethoven ont été remis à l’Autriche, où l’immense compositeur allemand est mort en 1827. Grâce à ces ossements, les experts de l’université de médecine de Vienne espèrent élucider les causes de sa surdité et de sa disparition.
« Leur place est ici, à Vienne », a déclaré jeudi 20 juillet, lors d’une conférence de presse, Paul Kaufmann, qui a fait don de ces reliques à l’Université de médecine de la ville. L’homme d’affaires américain en avait hérité en 1990 à sa plus grande surprise, les découvrant dans le coffre d’une banque sur la Côte d’Azur.
Ces 10 fragments avaient vraisemblablement été récupérés par son ancêtre Franz Romeo Seligmann, un médecin viennois qui avait participé en 1863 à l’exhumation des ossements de Ludwig van Beethoven à des fins d’études. Ils ont ensuite été transmis de génération en génération, changeant de pays alors que cette famille juive fuyait le nazisme.
Des analyses confirmeront d’ici 6 mois l’authenticité de ces ossements
Ces ossements, les seuls connus à ce jour, ont une « grande valeur », a souligné le médecin légiste Christian Reiter, devant les précieux objets conservés sous un présentoir en verre. Après des analyses pour confirmer leur authenticité, dont les résultats sont attendus d’ici 6 mois, de nouvelles recherches vont être menées pour tenter d’en savoir plus sur la cause des nombreuses pathologies dont il souffrait.
Dès 1802, dans une lettre désespérée à ses frères, le compositeur leur avait demandé que sa maladie soit décrite après sa mort et rendue publique. Deux siècles plus tard, le mystère demeure autour des raisons exactes de son décès, survenu le 26 mars 1827 à l’âge de 56 ans.
Cette découverte permettrait de savoir pourquoi Beethoven est devenu sourd
Ces fragments crâniens ont déjà été examinés aux rayons X en 2005 aux États-Unis, suggérant la piste d’un empoisonnement au plomb qui expliquerait notamment les problèmes digestifs dont souffrait Ludwig van Beethoven.
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Mais une étude publiée en mars, basée sur l’analyse ADN de mèches de ses cheveux, a révélé de fortes prédispositions génétiques aux maladies du foie, ainsi qu’une infection au virus de l’hépatite B à la fin de sa vie, deux facteurs ayant vraisemblablement contribué à sa mort, très certainement d’une cirrhose, aggravée par la consommation d’alcool. Cependant, les chercheurs n’ont toujours pas pu déterminer la cause de sa surdité progressive.
Philippe Gault (avec AFP)