L’Europe célèbre ce mardi le 200e anniversaire de la Symphonie n°9 de Ludwig van Beethoven, œuvre mythique qui a retenti pour la première fois le 7 mai 1824 à Vienne après avoir notamment vu le jour dans la quiétude de cures thermales près de la capitale autrichienne.
« C‘est ici qu’il a beaucoup travaillé à sa symphonie chorale“, explique dans la bâtisse de Baden louée 3 étés de suite par Ludwig van Beethoven sa directrice, Ulrike Scholda. Transformée en musée, « la maison de la Neuvième » propose une exposition (jusqu’au 9 novembre) pour l’occasion, tandis que le chef-d’œuvre du compositeur allemand devenu un symbole universel des célébrations humanistes résonnera ce soir lors de concerts anniversaires à Vienne, Paris, Leipzig ou encore à Milan.
Dans la modeste demeure de villégiature de Ludwig van Beethoven, on peut voir un piano sur lequel il a joué pour des voisins, Baden étant alors une mise au vert d’aristocratie accompagnée d’artistes. Il y soignait ses maux nombreux et y puisait l’inspiration, dans la sérénité des eaux de la station, se ressourçant aussi lors de grandes balades dans les forêts des horizons. Une lettre envoyée en 1823 démontre le stress intense qui le dévorait pour livrer au commanditaire, la Société philharmonique de Londres, cette œuvre monumentale dans la dernière période créatrice de sa vie.
Beethoven, atteint de surdité et tournant le dos au public, ne remarqua pas l’enthousiasme des spectateurs
Et c’est à Vienne qu’il réservera la primeur de la 9e Symphonie, le 7 mai 1824. La veille, il s’était précipité en calèche de porte en porte pour « inviter des personnalités à honorer son concert de leur présence“, raconte l’historienne de la musique Birgit Lodes. « Il avait trouvé un coiffeur pour le grand soir“, s’amuse-t-elle, Beethoven étant passé à la postérité avec un style débrayé et une grosse tignasse grise en liberté. D’une durée d’environ 70 minutes – presque 2 fois supérieure à celle de partitions comparables -, l’œuvre conquit immédiatement la salle comble, qui réserva au maître un accueil triomphal.
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Ce dernier était présent sur scène, dos au public, pour donner le tempo à l’orchestre. Atteint de surdité, il ne remarqua pas l’enthousiasme du public… avant qu’un musicien ne lui fasse signe de se retourner. Son idée d’introduire un choeur final sur l’Ode à la joie du poète Friedrich von Schiller a paradoxalement rendu sa musique plus susceptible d’être instrumentalisée politiquement, notamment par les nazis et les communistes.
C’est à partir de 1972 qu’un extrait du dernier mouvement réarrangé par Herbert von Karajan est devenu l’hymne du Conseil de l’Europe. En 1985, l’UE, encore appelée Communauté européenne, l’a adopté à son tour. Depuis, cette Ode à la joie est considérée comme un hymne à la fraternité.
La 9e Symphonie interprétée par le Philharmonique de Vienne dirigé par Riccardo Muti en direct sur Mezzo Live
À l’occasion de cet anniversaire symbolique, la chaîne Mezzo Live retransmettra en direct à 19h30 l’interprétation de la 9e Symphonie par le Philharmonique de Vienne sous la direction de Riccardo Muti. ARTE, à 22h20, diffusera un concert original, en multiplex, au cours duquel Klaus Mäkelä (à la Philharmonie de Paris), Andris Nelsons (à Leipzig), Riccardo Chailly (à Milan) et Petr Popelka (à Vienne) dirigeront chacun un des 4 mouvements du chef d’œuvre de Beethoven.
À noter que Pauline Lambert consacre son émission Tempo sur Radio Classique à cet événement/anniversaire de 14h30 à 17h.
Philippe Gault (avec AFP)
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