Risques psycho-sociaux liés à l’isolement, problèmes cardio-vasculaires dû au manque de sommeil, et même menace pour la sécurité routière : la face noire des smartphones est confirmée par une étude commandée par Pro BTP, un groupe de protection sociale. Son directeur général Hervé Naerhuysen était l’invité de la matinale ce jeudi 25 janvier.
21.000 actifs de plus de 17 ans ont répondu à cette grande enquête sur leurs usages des écrans, avec des questions rédigées par des addictologues. S’il ne s’agit pas d’un échantillon représentatif, il est suffisamment large pour donner un indicateur de nos habitudes, et les résultats sont préoccupants.
Si de nombreuses études se sont penchées sur l’usage des écrans par les plus jeunes, celle-ci s’intéresse aux adultes, qui sont tout aussi accros. L’invité de David Abiker note plusieurs enseignements inquiétants : « C’est un phénomène massif, indépendant du sexe, de l’âge, et de la catégorie socio-professionnel. Le niveau d’éducation ne change rien ».
Pour 53% des personnes interrogées, le premier geste du matin est d’allumer le smartphone
Hervé Naerhuysen pointe que presque 80% des 18-39 ans qui ont répondu à l’étude font état d’« usages problématiques qui s’apparentent à de l’addiction ». Ils gardent par exemple leur portable au lit, avant de dormir. Autre signe inquiétant : 53% de l’ensemble des personnes interrogées disent que leur premier geste du matin est d’allumer le portable.
« Le smartphone rythme nos vies et dicte ce qu’on fait, plutôt que l’inverse ». Se pose alors la question de la disposition de notre temps libre, d’autant que ces heures passées à regarder son portable n’entraîne « aucune satisfaction ». Les usagers « ne font rien, mais ont envie d’y aller plus souvent », ce qui est à nouveau un usage problématique.
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Quels sont alors les risques associés à cette dépendances ? « On parle de santé publique, scroller [faire défiler le contenu de son écran] pendant des heures crée des problèmes psychiques, liés notamment à l’isolement social. Le manque de sommeil engendre des problèmes cardio-vasculaires. Le manque de concentration peut entraîner des risques de sécurité, notamment sur les routes ». 44% des 18-39 ans consultent leur smartphone au volant, selon l’étude.
Béatrice Mouedine
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