L’espace est la prochaine frontière technologique, et Google semble déterminé à en être un pionnier. Dans un article publié début novembre, Google Research présente un projet audacieux : une infrastructure d’intelligence artificielle en orbite.
Cette infrastructure serait composée de satellites en orbite basse, équipés de calculateurs et alimentés par énergie solaire. L’objectif est de créer un système de calcul extensible, avec des coûts décroissants, bénéficiant d’un ensoleillement quasi permanent, ce qui réduirait considérablement l’impact énergétique sur Terre.
Cependant, l’espace reste un environnement extrêmement hostile. Le projet de Google détaille plusieurs défis majeurs. Parmi ceux-ci, le maintien d’une formation serrée de satellites interconnectés par des liens optiques, capables d’échanger des sommes colossales de données. Ensuite, il faut garantir la résistance des puces aux radiations spatiales. Heureusement, Google a déjà testé ses processeurs avec des résultats encourageants.
Un modèle économique prometteur
Le modèle économique de ce projet repose sur la réduction des coûts de lancement des satellites. Si le coût pouvait descendre sous les 200 dollars le kilo, cette infrastructure pourrait devenir très compétitive par rapport aux centres de données terrestres actuels. Rappelons que ces technologies permettent de réduire les prix, le progrès technique étant déflationniste. Ainsi, ce projet de Google, bien que semblant futuriste, n’est pas si fantaisiste qu’il y paraît.
Les conséquences d’un tel projet, s’il aboutit, seraient immenses. D’un point de vue énergétique, ce serait un pas vers une intelligence artificielle durable et écologique, alimentée par l’énergie solaire captée directement dans l’espace.
A lire aussi
Cependant, cela soulève également des questions cruciales : la régulation de l’espace avec des milliers de satellites potentiels, la souveraineté technologique si ces systèmes échappent aux juridictions nationales, et la gouvernance d’une intelligence artificielle littéralement hors de ce monde. Ce projet n’est pas de la science-fiction, mais bien la prochaine étape de développement de notre économie.
Nicolas Bouzou
Retrouvez toute l’actualité Société