Après l’ENA, le corps des préfets également supprimé : Est-ce la chasse aux élites ?

©Lynne Hand/Flickr

C’est l’émotion depuis 5 jours chez les préfets. L’Etat veut supprimer leur corps dans la foulée de la suppression de l’ENA. De l’art de célébrer Napoléon, tweete un député de droite, et d’anéantir le 8 mai l’une de ses plus belles institutions.

Jean Castex et Gérald Darmanin précisent que si le corps des préfets est supprimé, ce n’est pas le cas de la fonction

Lisez les journaux, notamment les Echos ou le Figaro, vous verrez comment on se tire une balle dans le pied en supprimant l’ENA par haine populiste des élites pour finir par se mettre à dos ses plus fidèles serviteurs : les préfets. Alors Premier ministre et ministre de l’Intérieur font ce qu’ils peuvent : on ne supprime pas les préfets, mais le corps des préfets, on ne touche pas à la fonction. Autant vous dire que personne ne comprend rien aux explications de l’exécutif, et que la droite s’en donne à cœur joie. Philippe Bas, sénateur LR, énarque, ancien secrétaire général de l’Elysée sous Chirac a ces mots : « après les députés et ministres hors sol, ne fabriquons pas des préfets hors sol ». Le problème est pointé par les Echos un peu plus loin : l’Etat a déjà le malaise des policiers sur les bras après l’attentat de Rambouillet et le meurtre d’Avignon, ça signe des pétitions dans l’armée, provoquer un malaise avec les préfets n’était peut-être pas l’urgence. Dans l’Opinion, Bernard Attali, énarque, ancien haut fonctionnaire a une explication : « on cède à l’air du temps qui tolère le mépris de la compétence, prône l’équivalence des points de vue, qui accepte l’irrévérence à l’égard des maitres et le nivellement par le bas ».

A lire aussi

 

 

Michael Sander vous apprend à avoir honte de votre diplôme

Et cet air du temps nous vient des Etats-Unis avec un entretien dans le Figaro avec le philosophe Michael Sandel qui publie ces jours-ci La Tyrannie du mérite. Il y explique comment les élites américaines diplômées qui ne font pas leur devoir, critiquent les moins éduqués et vont jusqu’à tricher pour placer leurs enfants dans les meilleures écoles. Lisez cet entretien publié dans le Figaro mais taillé pour les pages sociétés de Libération, vous comprendrez comment la pensée progressiste américaine est en train de séduire les écolo-gauchistes français : jusqu’à présent il fallait avoir honte d’être un homme, d’avoir plus de 50 ans, d’être blanc, hétérosexuel, mince … eh bien Michael Sander vous apprend à avoir honte de votre diplôme. Je vous rappelle qu’il est professeur de philosophie politique à Harvard. Voilà qui s’appelle cracher dans la soupe.

David Abiker

 

Retrouvez l’actualité du Classique