L’intégralité du gouvernement de Gabriel Attal n’a pas encore été annoncée. En coulisses, les tractations sont plus complexes que prévues…
Je vais vous raconter une scène, dont j’ai été témoin. Hier, un ministre de poids reçoit quelques journalistes à sa table. Il pose son portable à côté de lui. De temps en temps, il le consulte, textote, se lève, s’en va, revient. Le stress était palpable.
L’enjeu pour lui est de savoir qui seront ses secrétaires d’Etat. Car c’est en ce moment que cela se joue. Il veut peser sur les choix, récuser certains profils qui ne lui vont pas, défendre son périmètre ministériel.
Le cas Bayrou rebat les cartes
Le remaniement est un grand mécano. Les dernières nominations devaient être annoncées lundi. Puis, l’Elysée nous a dit mardi. C’est maintenant cet après-midi après l’hommage aux victimes du 7 octobre, dans le meilleur des cas.
Pourquoi ces retards ? Il y a d’abord le cas Bayrou qui rebat les cartes. Le maire de Pau a été relaxé [dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem]. Depuis, il se sent pousser des ailes et réclame pour les siens des postes de premiers choix, ce qui bouscule l’architecture initiale.
Equilibrer la présence des régions
Il y a aussi la prise en compte de l’équilibre territorial. Les membres actuels du gouvernement sont essentiellement franciliens. Le plus sudiste, c’est Christophe Béchu, ex maire d’Angers.
Emmanuel Macron et Gabriel Attal doivent absolument rééquilibrer. Pas seulement pour envoyer un signal mais aussi parce que selon un ministre : « sinon, on va avoir une vision déformée des préoccupations des Français, car chaque région a ses sujets ».
C’est un problème par exemple pour faire entrer Naima Moutchou, députée du Val d’Oise, proche d’Édouard Philippe. Ou encore Frédéric Valletoux, qu’on pressent à la santé, mais il est de Fontainebleau.
Un gouvernement resserré, avec moins de postes à pourvoir
Il y a par ailleurs moins de postes à pourvoir qu’avant. Le couple exécutif tient à garder une équipe resserrée. Cela veut dire qu’il faut moins de secrétariats d’état ou de ministres délégués. Mais lesquels retirer ?
Voici quelques pistes qui circulaient hier. Le Numérique pourrait être absorbé par l’Economie. La Mer pourrait aller à la Biodiversité ou aux Transports – un portefeuille qui attire beaucoup de candidats, pour remplacer Clément Beaune.
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La petite enfance pourrait fusionner avec les Solidarités. Le Commerce extérieur avec l’Aide au développement. Bref, il y avait quelques appelés, mais il y aura surtout beaucoup de déçus dans les prochaines heures.
Marcelo Wesfreid
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