À défaut d’avoir le nom du futur Premier ministre, on a celui d’un prétendant solide pour la prochaine présidentielle. Edouard Philippe a annoncé sa candidature hier. Un timing critiqué par certains, alors que la France est gérée par un gouvernement démissionnaire depuis 50 jours. Mais pour Jean-Pierre Raffarin, invité de Radio Classique ce mercredi, c’est au contraire le signe d’une bonne préparation.
L’ancien Premier ministre et maire du Havre Edouard Philippe est donc déjà entré dans la course pour l’Elysée. « Très franchement, on n’est pas surpris », reconnaît Jean-Pierre Raffarin, qui salue une idée « très forte » : « que la politique ne s’improvise pas, et qu’on n’est pas président du jour au lendemain ». L’ancien locataire de Matignon insiste sur cette nécessaire « préparation pour la construction d’un projet et d’une équipe », dénonçant « les médias qui dévorent et l’esprit qui dérive ».
Se déclarer candidat bien avant l’échéance – ce qui avait été payant pour Georges Pompidou – permet selon l’invité de David Abiker « de donner de la profondeur et de la perspective à la vie publique ». Il voit dans « la déprofessionnalisation de la politique » « une catastrophe » et plaide pour une expérience de terrain pour pouvoir gouverner.
« Éviter l’effondrement du pays »
Jean-Pierre Raffarin détaille les défis qu’Edouard Philippe aura à relever : « On n’est pas dans un système où les choses tombent du ciel. Il faut fabriquer une unité : afficher un projet, puis le faire partager ». C’est justement ce qui pèche aujourd’hui : « je n’ai pas l’impression que le Parlement travaille à la sortie de crise » à l’inverse du président, souligne-t-il. D’autant que le risque est majeur : « il s’agit d’éviter l’effondrement du pays ».
A lire aussi
Ce mercredi, deux hommes semblent tenir la corde pour occuper Matignon : Xavier Bertrand et Bernard Cazeneuve. Pour Jean-Pierre Raffarin, ils font preuve tous les deux « d’un professionnalisme indiscutable ». Et indispensable, « car cela va être une arène aux fauves ». « Il faut quelqu’un avec de la répartie, du sens stratégique, de l’humour, de la fermeté ». S’il penche logiquement pour l’homme de droite, il tient à souligner qu’il a « beaucoup de respect et d’amitié pour Bernard Cazeneuve ». Mais il va falloir aller vite, selon lui, pour laisser le futur Premier ministre « présenter son projet face au Parlement ».
Béatrice Mouedine
Retrouvez tous les articles liés à la politique