Georges Pompidou : les glorieuses années d’un Président au destin tragique

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Plus de 50 ans après, Franck Ferrand raconte les années Pompidou, période faste qui suivit son investiture le 20 juin 1969. Au seuil des Trente Glorieuses, le 19e Président de la République mène une politique novatrice. La maladie qui le rattrape avant la fin de son septennat ternit alors l’image du très populaire successeur du général de Gaulle.

Le temps maussade de ce vendredi 20 juin 1969 n’a pas découragé la foule de s’approcher de l’Élysée pour saluer et acclamer le nouveau chef de l’État, Georges Pompidou, qui vient d’être élu au second tour de l’élection présidentielle avec 58,21 % des suffrages, contre Alain Poher, président du Sénat et de la République par intérim.

À 11h00, une DS noire escortée de plusieurs motocyclistes entre dans la cour du palais de l’Élysée. Un garde ouvre une portière et le nouveau président descend. On le connaît bien parce qu’il a été longtemps le Premier ministre.

Il porte l’habit traditionnel, la Garde républicaine roule les tambours, on a déroulé le tapis rouge, qui est complètement détrempé par la pluie. Au pied des marches du perron de l’Élysée, attend Alain Poher.  

L’investiture de George Pompidou : une cérémonie en grande pompe

Les deux hommes échangent une poignée de main chaleureuse et se dirigent vers l’intérieur du palais. Pompidou se rend ensuite dans le salon des ambassadeurs, où le grand chancelier de la Légion d’honneur, l’amiral Georges Cabanier, lui remet le fameux grand cordon de l’ordre national.  

Alors que la Marche des mousquetaires de Lully, interprétée par l’orchestre de chambre de la Garde républicaine, retentit, Georges Pompidou, suivi du Premier ministre sortant, Maurice Couve de Murville et du président de l’Assemblée nationale, Jacques Chaban-Delmas, paraît dans la salle des fêtes de l’Élysée, où attendent deux cents personnalités, dont le président du Conseil constitutionnel, Gaston Palewski, qui proclame les résultats officiels de l’élection. L’amiral Cabanier passe alors au cou du Président le grand collier de la Légion d’honneur.  

Le nouveau président, ensuite, appose sa première signature en tant que chef de l’État au procès-verbal de cette cérémonie d’investiture. Vingt-et-un coups de canon sont tirés depuis les berges de la Seine : Georges Pompidou va prendre la parole.

Georges Pompidou, successeur du général de Gaulle

Dans son discours, il rend hommage au général de Gaulle, son très illustre prédécesseur, et affirme que son devoir de chef de l’État est à la fois tracé par l’exemple du général et dictée par la confiance que lui a manifesté le pays. Il assure enfin sa volonté de maintenir la dignité de la France.

Georges Pompidou devient ainsi le dix-neuvième président, un peu moins d’un an après avoir remis sa démission de Premier ministre, dans la foulée des événements de mai 68 après six années passées à Matignon.  Il s’était mis « en réserve de la République » et avait retrouvé son siège de député du Cantal, sa terre natale. Puis, tout juste avant le référendum constitutionnel d’avril 1969, il avait fait part de son souhait de se présenter à la prochaine élection présidentielle qui, officiellement, était prévue pour 1972.

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On connaît le résultat du référendum : c’est un « non » qui provoque la démission immédiate du général de Gaulle, une campagne précipitée d’un mois, où il a fallu affronter six adversaires. Georges Pompidou l’a largement emporté puisqu’il a fait plus de 58% des voix.  

La suite, c’est Franck Ferrand qui vous la raconte…

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