Elections européennes : « Il y a une petite poussée nationaliste » note le consultant en affaires européennes Yves Bertoncini

Chang Martin/SIPA

Les élections européennes se dérouleront ce dimanche en France. Yves Bertoncini, consultant et enseignant en Affaires Européennes au Corps des Mines et à l’ESCP, ancien directeur de l’Institut Jacques-Delors était l’invité de la matinale ce mardi 4 juin. 

« Si les sondages sont justes, il y a une petite poussée nationaliste. D’un côté, un nationalisme conservateur, mené notamment par l’Italienne Giorgia Meloni, dont le parti est crédité de 25 à 27% contre 6% lors des dernières élections. De l’autre, il y a les nationalistes populistes, à l’image du parti de Marine Le Pen ». Cette extrême-droite « traditionnelle », comme la définit Yves Bertoncini, est donc représentée par Jordan Bardella, tête de liste RN, qui est en effet largement en tête des sondages.

Pour savoir à quoi va ressembler le parlement européen, l’invité de David Abiker invite à regarder « les grands pays, qui envoient les gros bataillons ». Pour illustrer sa théorie, il cite le cas du Luxembourg, « qui avec 6 députés n’a que peu d’influence ». 

Un parlement européen quasi identique à celui d’aujourd’hui ?

Les yeux se tournent donc vers des états plus peuplés, comme l’Italie, la France, et dans une moindre mesure la Pologne et l’Allemagne. Dans ces pays en effet, « il y a une petite poussée » nationaliste. Yves Bertoncini tient à ce que le mouvement ne soit ni surestimé, ni sous estimé. Ce n’est « pas un tsunami », ce n’est « pas une vague », mais ce n’est pas non plus « une vaguelette ». Il y aura bien un peu plus de nationalistes européens, mais « ils sont divisés entre eux, ce qui relativisera l’impact institutionnel des résultats ».

Selon le spécialiste des affaires européennes, le scénario risque d’être le même qu’aujourd’hui pour les deux principaux groupes politiques. Les conservateurs traditionnels, le Parti populaire européen, où siègent les Républicains français, ont 25% des sièges. « Si on regarde les sondages, ils auront 25% des sièges, notamment parce qu’ils font un très bon score en Allemagne et en Espagne – à plus de 30% – « .

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En deuxième position, les sociaux-démocrates pèsent 20% : « ils devraient faire à peu près 20%, parce que dans certains pays, y compris la France, ils font mieux que la dernière fois ». Le vrai suspense entoure la troisième position. Les libéraux centristes (en France, la liste de la majorité présidentielle), avaient 14% des sièges. « Ils sont en recul en France », note Yves Bertoncini, « et ils vont quasiment disparaître en Espagne, en Italie et en Pologne ».

Béatrice Mouédine

 

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