Jacques Offenbach

(1819-1880) Epoque Romantique

Né à Cologne le 20 juin 1819, Jakob Eberst est le fils d’un cantor de la synagogue, originaire d’Offenbach-sur-le-Main. Ayant adopté le nom du berceau familial, il poursuit au Conservatoire de Paris ses études de violoncelle – pour lequel il composera divers duos et concertos – et découvre le théâtre au sein des orchestres de l’Ambigu-Comique puis de l’Opéra-Comique, tout en donnant des valses avec au piano Friedrich von Flotow (l’auteur de Martha). Chef d’orchestre à la Comédie-Française, cinq ans durant lesquels il joue pendants les entractes et accompagne des romances mais n’arrive pas à faire représenter ses premiers ouvrages, il obtient lors de l’Exposition universelle de 1855 la concession d’un petit théâtre sur les Champs-Elysées. Les succès de ses opérettes permettent au « Petit Mozart des Champs-Elysées » (selon Rossini) s’installer ses « Bouffes-Parisiens » passage Choiseul. Infatigable travailleur, il cumule les rôles de compositeur, directeur de troupe, répétiteur d’orchestre et même de gestionnaire (son point faible) dont il s’affranchit avec la réussite d’Orphée aux enfers (1858).

Offenbach sollicite de nouveau les théâtres impériaux, même à Vienne, où il donne en février 1864 son opéra romantique Les Fées du Rhin, où figure déjà le thème de l’illustre barcarolle des Contes d’Hoffmann, son ultime chef-d’œuvre, inachevé. Mais il revient à Paris et à l’opérette, trouvant son interprète de prédilection, Hortense Schneider, ainsi que de parfaits complices librettistes avec Meilhac et Halévy. C’est l’époque de ses plus grands triomphes : La Belle Hélène, La Vie parisienne, La Grande-Duchesse de Gerolstein, La Périchole… La chute du second Empire et la défaite face à la Prusse entraînent cependant un nouvel ordre moral, et Offenbach rencontre davantage de difficultés à la direction du Théâtre de la Gaîté. Mais il renoue avec le succès en 1879 grâce à La Fille du tambour-major et consacre ses dernières forces aux Contes d’Hoffmann, l’un des fleurons du répertoire lyrique.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique