Edouard Lalo

(1823-1892) Epoque romantique

Le succès immédiat et international rencontré par la Symphonie espagnole, créée par le virtuose du violon Pablo de Sarasate, suffirait à sa gloire. Edouard Lalo connut pourtant des débuts difficiles : découragé par l’indifférence du public, il délaissa pendant plusieurs années la composition afin de se reconvertir en instrumentiste en fondant le Quatuor Armingaud. Bien que grand admirateur de l’orchestre de Lohengrin et de Tristan et Isolde, il sut placer sa personnalité à l’abri des brumes wagnériennes et livra, dans les années 1870, une série de chefs-d’œuvre que Gabriel Fauré résuma par ces mots : « Rien n’y manque : ni l’éclat ni la verve, ni la gaieté ; et cependant la tenue artistique reste parfaite ».

Aux côtés de l’incontournable Symphonie espagnole, dont l’intarissable veine mélodique et l’instrumentation colorée ne seront pas sans influence sur Tchaïkovsky, citons le Concerto pour violon en fa majeur, le Concerto russe (également pour violon), le Concerto pour violoncelle en ré mineur (au répertoire de tous les solistes) et la pittoresque Rhapsodie norvégienne. Les années 1880 donneront naissance à des œuvres de plus grande envergure, tels l’opéra Le Roi d’Ys, une Symphonie en sol mineur et le ballet Namouna, que Debussy admirait particulièrement.