Zemmour, l’antirépublicain : Manuel Valls publie un livre pour dénoncer les « mensonges » du polémiste

L’ancien Premier ministre Manuel Valls sort un nouveau livre, aux éditions de l’Observatoire, consacré à … Eric Zemmour ! Le titre est explicite, tout comme le sous-titre : Zemmour, l’antirépublicain, face aux dangers de la contre-histoire, un autre récit est possible.

Manuel Valls attaque, une par une, les positions d’Eric Zemmour

Le nouveau livre de Manuel Valls sort le 12 janvier et ressemble à un manuel anti-Zemmour. L’ex Premier ministre dévoile sa méthode pour contrer les idées du polémiste d’extrême droite, avec notamment une sorte de fact checking (vérification des faits) systématique. Toute la première partie du livre attaque, une par une, les positions de Zemmour sur Dreyfus, Vichy, ou la guerre d’Algérie. Manuel Valls, avec qui j’ai échangé explique sa démarche : « Je démonte ses mensonges parce qu’il cherche à disculper les anti-dreyfusards, les collaborationnistes, les tortionnaires de la guerre d’Algérie. Il le fait pour détruire la France. Il ment pour excuser l’inexcusable ».

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L’essai dénonce, donc, mais dans une seconde partie il propose. Manuel Valls enjoint les républicains de tous bords à investir la question de l’identité, à ne surtout pas la laisser à l’extrême droite. Aux républicains de démontrer que le récit national est celui, humaniste, des Lumières, et pas « la vision d’une France repliée sur elle-même, triste » . Mais pour être audibles, selon lui, les républicains doivent être « exigeants », autrement dit bannir tout angélisme. Manuel Valls assume d’avoir, il y a un peu plus de deux semaines, appelé à « arrêter l’immigration ». Les slogans un peu pavloviens comme « no pasaran » ne suffiront pas face à Zemmour. « Il faut », explique Valls, « faire nôtre le concept d’assimilation pour lutter contre le racisme. Sinon, nous ne serons pas écoutés ».

Manuel Valls : « la gauche est désespérément morte aujourd’hui »

Pourquoi Manuel Valls sort-il ce livre ? D’abord, l’ancien Premier ministre considère que si Zemmour et ses idées se sont installés, c’est parce qu’il y a une « angoisse identitaire » bien réelle dans le pays. Or, les autres candidats peinent, à ses yeux, à riposter efficacement. Il s’est donc dit qu’il fallait leur proposer sa méthode à lui. Je lui ai demandé à qui ces conseils étaient destinés, sa réponse vaut le détour : « mon message s’adresse à tous, mais surtout à ceux qui ont une chance de l’emporter, donc Emmanuel Macron ou Valérie Pécresse puisque la gauche est désespérément morte aujourd’hui ». Voilà qui a le mérite d’être clair, d’autant que l’ancien Premier ministre n’a absolument pas renoncé à servir son pays. « Je suis fait pour gouverner », confie-t-il parfois en privé. Avec ce livre, il se positionne en missile anti-Zemmour au service du camp modéré, en espérant, une fois de plus, être rappelé en première ligne. « J’ai déjà servi mon pays et si je peux le faire à nouveau je le ferai, mais je suis tellement angoissé par le débat identitaire tel qu’il est posé que peu importe » confie-t-il, « il faut qu’on le mène, qu’on le gagne et ensuite, on verra ».

David Doukhan

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