Présidentielle 2022 : Des ministres visent déjà une circonscription aux législatives

Jérémy Barande/wikimedia commons

Une bataille discrète mais féroce fait rage, celle que mènent plusieurs ministres pour essayer d’obtenir une circonscription facile dans la perspective des législatives de juin prochain.

Marlène Schiappa et Clément Beaune sont en concurrence

Qu’est-ce qu’une circonscription « facile » ? Par exemple la 7ème circonscription de Paris qui est à cheval sur les 11ème, 4ème et 12ème arrondissements. En 2017, Emmanuel Macron y avait recueilli 92,14% des suffrages au second tour de la présidentielle et le député LREM Pacôme Rupin raconte partout, que, dégouté par son expérience de primo-député depuis cinq ans, il ne sera pas candidat en 2022. Résultat cette circonscription attise les convoitises ! Elle fait en coulisse l’objet d’une concurrence discrète mais sans merci entre deux ministres.

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Marlène Schiappa et Clément Beaune, deux jeunes macronistes, sont déterminés à continuer la politique après la grande bataille de 2022. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à chercher un point de chute gagnable, c’est aussi le cas de Jean-Michel Blanquer (ministre de l’Education), Françoise Parly (ministre des Armées), Elisabeth Borne (ministre du Travail), Agnès Pannier-Runacher (ministre de l’Industrie), Julien Denormandie (ministre de l’Agriculture), Elisabeth Moreno (secrétaire d’état à l’Egalité femmes-hommes). C’est un conseiller du chef de l’Etat, très au fait des discussions qui dresse cette liste, et il décrit des ministres un peu inquiets, comme si obtenir une « circo » facile (et si possible à Paris, parce que c’est plus pratique) était devenu vital pour eux…

Emmanuel Macron a été déçu par ceux, comme Jean-Michel Blanquer, qui ont refusé l’obstacle et n’ont pas été candidat

Ils ont tous le sentiment que leur carrière de ministre va s’arrêter brutalement en avril 2022. Un proche du président théorise les choses, je cite : « si Macron est réélu, le manque de nouveauté du président devra être compensé par une nouvelle dynamique gouvernementale ». Traduction : on garde l’hôte de l’Elysée, mais on change tous les autres, pour « faire nouveau et dépoussiérer ». Dans ces conditions on comprend la fébrilité des ministres. D’abord, les nouveaux venus issus de la société civile ont souvent pris goût au jeu politique, et n’ont pas envie que cela s’arrête d’un coup en avril prochain. Mais surtout, ils ont entendu un bruit qui court : Macron aurait été fâché au moment des régionales. Déçu par ceux, comme Jean-Michel Blanquer, qui ont refusé l’obstacle et n’ont pas été candidat. Consterné par ceux qui ont certes eu le courage d’y aller, mais pour s’y fracasser et obtenir les résultats peu brillants que l’on connaît, par exemple en Ile-de-France ou dans les Hauts de France. Le message est bien passé. Je laisse la conclusion à un conseiller d’Emmanuel Macron qui résume bien la situation : « leur seule chance, infime, d’être renommés au gouvernement en 2022, c’est d’aller à la bataille des législatives. »

David Doukhan

 

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