Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron sur TF1 entre dans l’arène

Catpure écran TF1

Emmanuel Macron était ce mercredi 15 décembre pendant près de deux heures sur TF1 en prime time : le chef de l’état a défendu son bilan et mis en perspective son quinquennat. Même s’il ne s’est pas officiellement déclaré, il est entré dans l’arène.

Emmanuel Macron a assuré « avoir appris » et regrette certaines phrases polémiques

L’émission ressemblait à un solde de tout compte : quand on l’interroge sur les manquements de l’état au début de la crise Covid, il répond que c’était le monde entier qui manquait de tout, pas seulement la France. Sur la crise des Gilets jaunes, il cite Victor Hugo : « parfois la foule trahit le peuple ». Puis Emmanuel Macron est confronté à ses fameuses petites phrases du début du mandat : « traverser la rue, les gens qui ne sont rien, je ne céderai rien aux cyniques et aux fainéants ». Ces mots avaient blessé, choqué, ils sont les boulets de ce président et il devait les purger.

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Il y avait de quoi être surpris : aucune langue de bois, les réponses étaient préparées mais elles avaient cependant les atours de la sincérité. « J’ai appris » a-t-il dit, « les mots qui blessent sont inacceptables, j’ai acquis beaucoup plus de respect pour chacun ». Le président n’aime pas l’expression mea culpa mais clairement il avait besoin de mettre ces marqueurs derrière lui, effacer la très mauvaise image d’arrogance que ces petites phrases avaient générées.

Nicolas Sarkozy avait hésité trop longtemps à participer à une émission en prime time

L’émission d’hier suffira-t-elle, on ne sait pas, mais elle y participera. Le président a ensuite clairement désigné des adversaires, en fustigeant Eric Zemmour qui attise la violence et divise la société. Il a étrillé la proposition de Valérie Pécresse de supprimer 150 000 postes de fonctionnaires, en demandant à ce que chacun soit précis et explique de quels agents publics exactement il s’agit. Si cette prise de parole a lieu maintenant, c’est peut-être à cause de ce qui s’est passé en 2012, quelques mois avant la présidentielle. France 2 avait proposé une grande émission de confession en prime time à Nicolas Sarkozy exactement à la même époque, c’est-à-dire à la toute fin de l’année 2011.

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Le chef de l’Etat sortant avait refusé, il avait fini par faire le grand prime time de France 2, mais en mars 2012, mais c’était trop tard. A quelques semaines du vote, seuls les projets et la bataille politique avec les autres candidats compte, il n’y a plus aucune place pour faire le bilan et purger les erreurs ou les traits d’image négatifs. L’émission n’avait donc pas permis à Nicolas Sarkozy de revenir sur son quinquennat. Les équipes d’Emmanuel Macron avaient ce souvenir en mémoire. Ils se souviennent aussi que Nicolas Sarkozy dans la dernière ligne droite de la campagne remontait la pente. Était-il parti trop tard ? Peut-être. Macron n’est pas officiellement candidat mais tout le monde a bien compris qu’il était déjà parti.

David Doukhan

 

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