Voici le visage en 3D de Frédéric Chopin, réalisé par l’artiste-plasticien Hadi Karimi

Photos Facebook Hadi Karimi

Hadi Karimi, artiste-plasticien iranien, a réussi à réaliser une représentation en 3D du visage de Frédéric Chopin. Un portrait du pianiste et compositeur plus vrai que nature.

 

Le visage de Frédéric Chopin recomposé à partir de son masque mortuaire

Ce portrait en 3D de Frédéric Chopin est la dernière œuvre réalisée par Hadi Karimi, qui réside à Téhéran. Jusqu’à maintenant, l’artiste plasticien s’attaquait plutôt à la représentation en 3D de vedettes du rock ou du cinéma contemporains (Kurt Cobain, Freddie Mercury, Will Smith, Grace Kelly, Audrey, Hepburn, Taylor Swift…) pour lesquels il s’inspire d’un grands nombre de documents photo et vidéo récents. Pour Frédéric Chopin (1810-1849), ce fut beaucoup plus compliqué car les documents d’archives le représentant sont très rares. 2 photos seulement, dont une, datée de 1845 mais de très mauvaise qualité, retrouvée en 1936 et l’autre, un daguerréotype réalisé en studio à Paris en 1847 sur lequel le compositeur, depuis longtemps affaibli par la maladie (tuberculose), apparaît boursouflé et peu à son avantage, contrairement à des portraits de lui, réalisés par des peintres, souvent plus flatteurs que réalistes.

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C’est donc principalement à partir du masque mortuaire de Chopin, réalisé quelques heures après sa mort, le 17 octobre 1849, par le sculpteur Jean-Baptiste Clésinger (qui est aussi l’auteur de son monument funéraire au cimetière du Père-Lachaise) et d’une mèche de ses cheveux, exposée à Varsovie, qu’Hadi Karimi a pu travailler. Pas évident selon l’artiste iranien : « Je ne pouvais donc compter que sur son masque mortuaire. Mais après la mort, tous les muscles perdent toute leur tension et il ne reste plus qu’un visage défiguré. J’ai fait de mon mieux pour lui insuffler la vie, je ne sais pas à quel point c’est proche de ce à quoi l’homme ressemblait réellement ».

Chopin enterré à Paris mais son cœur repose à Varsovie

Les restes de Frédéric Chopin ont donc, d’une certaine manière inspiré l’artiste qui lui redonne vie aujourd’hui. Le compositeur dont le corps fut enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris après une grandiose cérémonie d’obsèques à l’église de la Madeleine, au cours de laquelle fut joué le Requiem de Mozart comme l’avait demandé Chopin dans ses dernières volontés et sa célèbre marche funèbre (Sonate pour piano no 2).

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À sa demande, son cœur a été conservé (dans un bocal de cognac) et transféré, après bien des péripéties, en Pologne, sa terre natale, puis placé dans un pilier de l’église de la Sainte-Croix à Varsovie. En 2014, des chercheurs polonais ont obtenu l’autorisation d’observer la relique. Une analyse qui leur a permis de déterminer que Frédéric Chopin était bien mort de la tuberculose, une maladie endémique dans l’Europe du 19e siècle. Une thèse qui avait plusieurs fois été remise en question car le rapport d’autopsie du compositeur avait disparu, laissant place à toutes les rumeurs liées à son décès. 

 

Philippe Gault

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