Tourisme spatial : quid de la pollution dans l’espace ?

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C’est une nouvelle étape dans le tourisme spatial. Après Richard Branson il y a 9 jours, Jeff Bezos, l’homme le plus riche de la planète, a décollé aujourd’hui pour son premier vol suborbital. Il a démarré son voyage au Texas et s’est envolé pour 11 minutes à bord de sa capsule « New Shepard » à 100 km de dessus de la Terre. Ces vols marquent le début d’une longue série de voyages privés vers l’espace car le public est demandeur. Si l’activité n’en n’est qu’à ses prémices, le tourisme spatial questionne déjà en matière de pollution.

Blue Origin, la compagnie de Jeff Bezos utilise un moteur qui génère des vapeurs d’eau

L’objectif est clair pour les deux milliardaires Richard Branson et Jeff Bezos : développer le tourisme spatial, et vite ! Alors chacun mise sur des technologies différentes. Chez Virgin Galactic, la société de Richard Branson, on opte pour un système de propulsion à carburant solide, très polluant lorsqu’il brûle. Un vol d’une poignée de minutes représente 3 à 4 tonnes de CO2 par passager, l’équivalent d’un Paris-Los Angeles.

 

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Arnaud Saint Martin, chercheur au CNRS, explique que les moteurs engendrent de la suie qui reste en suspension assez longtemps dans la haute atmosphère : « si l’activité vient à augmenter avec toujours plus de touristes qui veulent flirter avec les limites de l’espace, évidemment, ça pourrait avoir des effets » . Pour l’heure il y a un concurrent : Blue Origin, la compagnie de Jeff Bezos. elle utilise un moteur qui génère des vapeurs d’eau. Un système sur le papier moins néfaste, c’est d’ailleurs un argument de communication.

 

Aucune norme internationale n’encadre les émissions polluantes des engins spatiaux

Pour l’instant, la pollution due au tourisme spatial est anecdotique mais tout devrait s’accélérer, car la demande de riches clients est là. Richard Branson a déjà vendu 600 billets, Jeff Bezos promet 2 nouveaux vols cette année, bien plus en 2022. La croissance devrait être exponentielle : dans 10 ans, on prévoit jusqu’à 50 000 passagers par an. Face à ces perspectives, des scientifiques appellent les états à réagir, car aujourd’hui, aucune norme internationale n’encadre les émissions polluantes des engins spatiaux.

Elodie Vilfrite

 

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