TOP 5 Erik Satie (1866-1925)

Erik Satie cultive l’originalité, dans ses titres (Gymnopédies, Pièces froides…) comme dans sa vie. De Montmartre à Arcueil, il croise Debussy, Poulenc et le Groupe des 6, Stravinsky et Picasso, le mouvement Dada. Tout ce qui fait l’avant-garde avant la guerre de 14 et dans l’immédiat après-guerre.

 

Ami de Debussy, Satie alterne entre humour et mélancolie. Précurseur dans sa conception du temps et du timbre, il inspirera bon nombre de mouvements de la seconde moitié du XXème siècle

Satie voit le jour en 1866. Quatre ans après Debussy. Leur amitié voisinera toujours avec une certaine rivalité. Debussy explore le son et l’harmonie. Satie masque sa profonde mélancolie derrière l’humour, comme en témoignent les titres de ses œuvres : Préludes flasques (pour un chien), Choses vues à droite et à gauche (sans lunettes). Son goût pour l’absurde le rapproche du mouvement Dada. Mais Debussy et Satie s’intéressent tous deux au temps, sa perception, son étirement. Satie écrit parfois sans barre de mesure, pour mieux forcer l’interprète à s’extraire du temps métronomique.

 

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Comme Debussy, il côtoie Diaghilev pour qui il écrit le ballet Parade sur une idée de Cocteau et des costumes de Picasso. Des bruits d’accessoires (coup de pistolet, machine à écrire) sont incorporés à la musique. Une idée qui fera son chemin après la seconde guerre mondiale, et aboutira d’une certaine manière à la musique réaliste de Pierre Henry. John Cage ou encore les minimalistes américains des années 60 s’inspirent eux aussi de Satie. Paradoxe fait homme, Satie n’est pas facile à vivre et semble s’ingénier régulièrement à faire le vide autour de lui. Un temps lié aux compositeurs du Groupe des 6 comme Poulenc, ceux-ci vont s’éloigner de lui. D’un tempérament tout sauf académique, Satie va pourtant s’inscrire à 39 ans à la Schola Cantorum pour apprendre le contrepoint. Il sera à son tour le mentor de quelques musiciens, dont Georges Désormière, qui prennent le nom “d’Ecole d’Arcueil” en hommage à la ville où Satie demeure de 1898 à sa mort en 1925.

 

1) Gymnopédie n°1 (par le pianiste Alexandre Tharaud, au Prinsengracht d’Amsterdam)

 

 

2) La Diva de l’Empire (Philippe Jaroussky contre-ténor, et Jérôme Ducros au piano)

 

3) Gnossienne n°1 (Alexandre Tharaud au gala du Prix Edison Klassiek à Amsterdam)

 

4) Grande Ritournelle de La Belle excentrique (duo des pianistes Andreas Grau et Götz Schumacher)

 

5) « Je te veux » (Patricia Petibon soprano, Christian-Pierre La Marca au violoncelle, et Susan Manoff au piano)

 

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