Réchauffement climatique : Pourra-t-on faire du jogging à l’avenir ?

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Sécheresse, vague de chaleur mais aussi baisse de l’enneigement : autant d’impacts du changement climatique qui vont jouer sur la pratique sportive en France. Le WWF publie un rapport sur le sujet ce matin, et dans un monde plus chaud, les joggings se feront plus rares…

1 club de voile sur 7 sur le littoral français pourrait devoir se relocaliser face à la hausse du niveau de la mer.

L’ONG WWF a analysé deux scénarios, celui d’un réchauffement global de 2 degrés, et un autre à +4 degrés, avec comme conséquence principale une hausse des températures, plus de vagues de chaleur, et donc moins de jours de pratique sportive possibles. Arnaud Gauffier du WWF France explique qu’on parle de journées à plus de 32°C, température à partir de laquelle il est déconseillé de faire du sport. Selon le premier scénario envisagé par le WWF (+2°), « on serait à 24 jours de plus avec des températures au-dessus de 32°, donc autant de jours de moins de pratique sportive ».

 

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Avec un scénario à +4°, on passe à plus de 2 mois de pratique sportive en moins. Elle deviendra, à haute intensité, plus difficile, plus dangereuse, et le WWF s’est aussi penché sur l’impact du réchauffement sur les installations sportives. 1 club de voile sur 7 sur le littoral français serait par exemple obligé de se relocaliser face à la hausse du niveau de la mer. Les terrains de football aussi seront impactés : « 90% des terrains de foot des petits clubs sont en gazon », explique Arnaud Gauffier « il grilleront 2 mois par an, sauf si on les arrose, mais on se doute qu’avec des températures caniculaires, la priorité de l’utilisation de l’eau sera à assurer les besoins sanitaires des populations et la production de nourriture ».

 

L’Open d’Australie a testé sur sa dernière édition un repos de 10 minutes pour les joueurs en plein match

Les sports d’hiver ne seront pas épargnés évidemment, avec jusqu’à 80% de baisse du manteau neigeux à 1500 mètres d’altitude en cas de réchauffement à 4 degrés selon le rapport. Les sportifs de haut niveau sont en réalité déjà confrontés déjà confrontés à ce nouveau climat : les Jeux Olympiques de Tokyo par exemple, qui commenceront le 23 juillet, sont annoncés comme les plus chauds et les plus humides de l’histoire. Les athlètes cherchent donc à s’adapter, notamment en France, avec l’utilisation de chambre thermique ou chambre climatique. Olivier Girard, professeur à l’université d’Australie occidentale à Perth et spécialiste des performances sportives en milieu extrême a travaillé avec l’équipe d France de rugby à 7 : « Ils s’entraînent dans une chambre climatique, sous 36° et 70% d’humidité relative, les conditions attendues à Tokyo ».

 

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L’objectif pour les sportifs est de mieux réguler la température centrale du corps. La température corporelle diminue, 0.5 degré de moins au bout d’une semaine ou deux d’utilisation de cette chambre thermique. Il en existe une autre à l’INSEP (l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance). Les compétitions elles aussi vont devoir s’adapter. En tennis par exemple, l’Open d’Australie a testé sur sa dernière édition un repos de 10 minutes pour les joueurs en plein match. Il faut parfois aller plus loin, au Qatar, en 2019, un marathon est parti à minuit pour éviter les grosses chaleurs. La coupe du monde de football 2022 au Qatar aura lieu en hiver. Une étude américaine publiée en 2016 estimait ainsi qu’en 2085, seule une trentaine de villes dans le monde pourrait accueillir les JO d’été, seulement en Europe du Nord, au Canada ou à San Francisco par exemple…

Baptiste Gaborit

 

 

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