Réchauffement climatique : Quels lacs français perdent de l’oxygène ?

Les lacs d’Europe et d’Amérique du Nord sont en train de perdre leur oxygène, d’après une étude internationale publiée en fin de semaine dernière. Cette asphyxie causée là encore par le réchauffement climatique qui menace la biodiversité de ces écosystèmes.

Les lacs se réchauffent de 0,4 degrés par décennie

400 lacs ont été étudiés dans le monde, dont ceux d’Annecy et du Bourget, 45.000 échantillons d’eau ont été prélevés depuis 1980 et le résultat est sans appel : les lacs ont perdu en 40 ans 5,5% de leur oxygène en surface mais plus de 18% dans les eaux profondes. Cette perte d’oxygène est aussi observée dans les océans mais est bien plus rapide dans les lacs. La gravité du constat de l’étude a surpris, y compris parmi les chercheurs, comme le souligne Jean-Philippe Jenny, chercheur à l’INRAE : « On s’attendait à une diminution mais pas autant marquée, car sa vitesse est 4 à 9 fois supérieure à la baisse dans les milieux océaniques (…) c’est dû à la plus grande réactivité des lacs car ils sont plus petits et se réchauffent plus rapidement ».

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La cause première est donc la hausse des températures de l’eau, qui rend l’oxygène moins soluble. Depuis 1980, les eaux de surface des lacs se réchauffent de 0,4 degrés par décennie, et les plus touchées sont les eaux profondes, avec près de 20% de perte d’oxygène en 40 ans.

 

Lac du Bourget : La survie des poissons n’est plus possible dès 20 mètres de profondeur entre septembre et novembre

Dans certains lacs, comme à Annecy ou au Lac Léman, la concentration en oxygène à la fin de l’été est proche de zéro. Dans le lac du Bourget, les scientifiques estiment que la vie des poissons n’est plus possible dès 20 mètres de profondeur entre septembre et novembre, et c’est là une des conséquences majeures pour la biodiversité, d’après Jean-Philippe Jenny : « la condition de survie d’un poisson dans l’eau est la présence d’oxygène (…) ici, on note une réduction de son habitat, ce qui n’est jamais un indicateur de bonne santé d’un écosystème ».

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Les études sédimentaires effectuées dans les lacs alpins montrent que le taux d’oxygène est resté stable pendant 10.000 ans, puis que sa baisse a commencé au début du 20ème siècle, un phénomène qui pourrait bien s’accentuer dans les années à venir.

Baptiste Gaborit 

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