La lutte contre le réchauffement climatique, parfois néfaste pour la biodiversité : attention aux fausses bonnes solutions !

Pour la première fois, un groupe d’experts du climat, le GIEC, s’est associé à son équivalent à la biodiversité, l’IPBES, pour publier un rapport commun sur ces deux crises. En effet, le climat et la biodiversité sont deux défis interconnectés, et les groupes de scientifiques appellent à une lutte commune en alertant sur certaines mesures destinées à lutter contre le réchauffement climatique mettant en danger la biodiversité.

Le développement à grande échelle de culture pour les biocarburants pourrait être néfaste pour la biodiversité

50 des plus grands spécialistes mondiaux de ces deux sujets, crise climatique et crise de la biodiversité, ont travaillé sur ce rapport inédit qui lie très étroitement les deux thématiques. Le changement climatique est devenu ces dernières années un facteur majeur dans la perte de biodiversité observé un peu partout dans le monde. Yunne Shin, biologiste et auteure de ce rapport, cite un exemple dans le milieu marin : « Le réchauffement climatique va faire baisser la biomasse des poissons ou les faire se déplacer des eaux chaudes vers des eaux plus froides ».

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A l’inverse, les océans captent 25% des émissions de gaz à effet de serre, grâce à la dissolution du CO2, grâce à la photosynthèse, et grâce aux poissons également. Des océans dégradés, c’est donc une mauvaise nouvelle pour le climat, les scientifiques appellent donc à mener de front le combat contre ces deux crises. Les chercheurs mettent cependant en garde face aux fausses bonnes solutions, et c’est là la conclusion majeure de ce rapport, qui pointe le fait que certaines mesures destinées à lutter contre le réchauffement sont en fait néfastes pour la biodiversité. C’est le cas du développement prévu à grande échelle de culture pour les biocarburants, comme le souligne Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de l’IPBES : « Des scénarios prévoient de mettre en culture des surfaces de la superficie de l’Inde (…) la crainte est que ces terres soient conquises sur des espaces naturels et protégés, et donc au dépend de la biodiversité ».

Les scientifiques appellent à étendre les aires protégées

La même alerte a été lancée sur les politiques de replantation à grande échelle de forêts constituées d’essences uniques qui ne sont pas locales. Si une telle action peut être bénéfique pour la captation de carbone, elle est très mauvaise pour les écosystèmes existants. A l’inverse, les scientifiques appellent à développer les solutions fondées sur la nature, la protection et la restauration des écosystèmes actuels.

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Les 50 scientifiques appellent ainsi à sanctuariser grâce à des aires protégées 30 à 50% des espaces terrestres ou marins dans le monde, contre seulement 17% des terres et 10% des océans actuellement.

Baptiste Gaborit

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