Pourquoi la nouvelle carte d’identité arrive si tard

Ministère de l'Intérieur

Les Français auront bientôt droit à une nouvelle carte d’identité. A partir de la mi-mai dans certaines régions, et partout en France à partir du mois d’août, nous allons pouvoir, à l’occasion d’une demande de renouvellement de Carte d’Identité Nationale, obtenir la carte qui sera nouvelle sur la forme comme sur le fond.

La nouvelle Carte d’identité pourrait en théorie servir à s’identifier pour faire des achats en ligne

La première nouveauté, c’est qu’elle fera la taille d’une carte de crédit, comme le nouveau permis de conduire, ce qui est plus pratique. Elle ne durera plus que 10 ans contre 15 aujourd’hui. Et elle sera dotée d’une puce biométrique qui permettra de stocker des informations comme des empreintes digitales. Ca sera une carte plus sûre, plus difficile à falsifier. Ca devrait donc réduire les risques d’usurpation d’identité. C’est un premier point positif.

 

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L’autre avantage avec une carte dotée d’une puce, c’est qu’elle pourrait en théorie devenir aussi une carte digitale d’identification sécurisée pour le monde numérique, qui nous permettrait de nous identifier pour faire des achats en ligne ou pour payer des impôts. Ca serait un sésame digital. Le problème c’est qu’on est déjà très en retard. L’Europe nous oblige à propose cette carte numérique au plus tard en août et on le fait au dernier moment et tout le système d’identification pour le monde digital n’est pas prêt. En vrai, cette carte dans un premier temps ne va pas servir à grand-chose.

 

Si on ne garantit pas une forme d’identification digitale publique sécurisée, le risque est de voir des acteurs privés comme Google ou Facebook s’en emparer

Il est incompréhensible de ne pas aller plus vite. On a en France des poids lourds dans les puces comme l’ex-Gemalto ou l’identification numérique comme Thalès qui a repris Gemalto. On sait faire. Et on en parle depuis le début du siècle. On était censé offrir cette carte il y a déjà plus de dix ans. Le frein est un peu politique ou sociologique, les gouvernements ont peur d’être accusés de mettre en place un état big brother car qui dit carte numérique, dit collecte et stockage d’informations numérisées. La Cnil a mis en garde en disant qu’il y avait un risque de grand fichier. Mais si on ne garantit pas aux citoyens une forme d’identification digitale publique sécurisée, le risque c’est que ce soient des acteurs privés comme Google ou Facebook qui le fassent. Et là, on aura encore moins de contrôle sur nos datas.

David Barroux

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