Danone : Pourquoi Emmanuel Faber a été débarqué de la présidence du Conseil d’Administration

Global Landscapes Forum/Flickr

Plusieurs choses ont été reprochées à Emmanuel Faber qui dirigeait Danone depuis six ans. Certains en interne et au sein du conseil d’administration lui reprochaient ses méthodes de management, on l’accusait de ne pas déléguer assez, de trop se concentrer sur la vision à long terme et pas assez sur la gestion au quotidien d’un géant de l’agroalimentaire qui a perdu du terrain face à la concurrence.

Danone : Gilles Schnepp l’ancien patron de Legrand va devenir président du conseil

De leur côté, les actionnaires estimaient que la performance économique et commerciale de Danone, ce poids lourd du yaourt, de l’eau minérale et de l’alimentation infantile n’était pas assez bonne. Début mars Emmanuel Faber avait accepté de renoncer à son poste de directeur général pour ne plus être que simple président du conseil d’administration. Il devait rester mais prendre un peu de recul. Et le groupe devait se choisir un nouveau DG. Mais la situation était en fait trop instable. Faber restait mais affaibli et il risquait de limiter l’autonomie du futur DG.

 

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Le bras de fer a continué avec son conseil d’administration qu’il estimait hostile. Et du coup, hier soir, le conseil d’administration a préféré trancher dans le vif en poussant Emmanuel Faber vers la sortie avant la fin de son mandat. Gilles Schnepp l’ancien patron de Legrand va devenir président du conseil et on va pouvoir choisir plus sereinement un vrai DG qui sera aux commandes opérationnelles. Et la gouvernance restera dissociée comme on dit avec un président et un DG.

 

Danone va retrouver assez vite une nouvelle équipe de direction apaisée et le groupe, qui a des fondamentaux solides, va pouvoir rebondir

Il ne faut pas dramatiser. C’est une crise mais c’est surtout une crise de gouvernance profonde et de performance relative. Maintenant qu’on a tranché, le groupe va retrouver assez vite une nouvelle équipe de direction apaisée et le groupe qui a des fondamentaux solides va pouvoir rebondir. Il est sur un marché de l’alimentation en croissance, il a pris des bonnes positions sur de nouveaux segments comme le végétal et le bio. Il a toutes les cartes en main. Le groupe peut innover, lancer de nouveaux produits, de nouvelles pubs, regagner des parts de marché. Ce n’est pas un groupe en pertes qui doit être revendu par appartements ou totalement réinventé. C’est un groupe profitable, mais pas assez, qui doit se relancer.

David Barroux