Meubles : pourquoi les délais de livraison sont-ils plus long ?

Le marché du meuble souffre mais pas pour les raisons que l’on pourrait croire. En cette période de crise Covid, de confinements à répétitions et de couvre-feu qui pénalise les magasins on aurait pu se dire que c’est sur le front de la demande que les marchands de meubles allaient souffrir. Mais en fait le problème est plus sur le front de l’offre et ce sont les fabricants de meubles qui souffrent d’un problème nouveau : ils n’arrivent pas à faire correctement face à la demande.

Les Français ont été plus Roche Bobois que Ikea en 2020

Pendant les confinements, les Français ont moins consommé de meubles. Les ventes de tables, de canapés et de lits ont chuté. Mais à chaque déconfinement, les ventes ont littéralement explosé. Les Français passent plus de temps chez eux et ils aménagent leur intérieur. Au total les ventes n’ont reculé que de 5% en volume l’an dernier mais sur plusieurs segments, le consommateur a été sur du haut de gamme. On a été plus Roche Bobois que Ikea et on a refait nos cuisines.

 

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Le problème est que la crise Covid a aussi déréglé toute la production de matière première et de composants à l’échelle du monde et la logistique a été perturbée. Quand la demande a rebondi, la production n’a pas suivi. L’approvisionnement a été totalement perturbé.

 

Matières premières : le bois a pris 25%, l’acier 40%

Le problème est double et va durer. Le premier souci est comparable aux usines automobiles qui sont à l’arrêt parce qu’elles manquent de certains semi-conducteurs, il y a des usines de meubles qui manquent de panneaux de bois, de mousse ou d’acier. La matière première ne va pas revenir tout de suite car tout le monde a déstocké en même temps, tout le monde repasse des commandes au même moment et les producteurs de matières premières ne vont pas gonfler leurs capacités de production juste pour un an ou deux le temps de reconstituer des stocks. Le deuxième problème c’est que cette pénurie temporaire qui dure a un impact sur les coûts. Le bois a pris 25%, l’acier 40%, le prix des containeurs pour les importations chinoises a fait fois 5 ou 6. On est face à un risque d’inflation qui pourrait peser sur la demande et qui risque de fragiliser les fabricants qui n’arrivent pas à augmenter leurs prix. L’industrie n’est pas certaine de profiter pleinement de la reprise.

David Barroux