Armstrong sur la lune : le moment de panique avant l’alunissage, entre alarmes, pilotage manuel et carburant presque vide

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Le 21 juillet 1969, au moment où commencent les manœuvres d’alunissage, c’est la panique à Houston. Les patrons de la NASA ont quelques secondes pour prendre une décision. Neil Armstrong décide d’enclencher la commande manuelle. Voici le récit des dernières minutes avant l’alunissage du module Eagle.

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Le rêve le plus fou de l’histoire de l’humanité est devenu réalité le 21 juillet 1969, avec l’alunissage de Neil Armstrong. Cyrano de Bergerac l’avait imaginé. Jules Verne nous l’avait raconté avec un bon siècle d’avance et, plus près de nous, Hergé, avec ses deux célèbres albums Objectif Lune et On a marché sur la Lune au début des années 50. Mais le jour J a été plus mouvementé que prévu.

Le dimanche 20 juillet, le module Eagle se détache de la capsule Columbia. À 13h46, Eagle passe du côté de la face cachée, ce qui veut dire qu’on a plus de nouvelles pendant un long moment. Quand le module réapparaît, il n’est plus qu’à 25 km d’altitude par rapport à la Lune.

À bord du module, Buzz Aldrin et Neil Armstrong ont les yeux rivés sur les indicateurs de bord. Le pilotage automatique doit les faire alunir sur la Mer de la Tranquillité et soudain, à 1830 m d’altitude, un voyant jaune s’allume avec une alarme stridente. L’ordinateur de bord a dépassé ses capacités d’exécution.

Alors, aussi près du but, est-ce qu’il faut arrêter, interrompre la mission ?

La NASA fait confiance à un ingénieur de 25 ans

C’est la panique à Houston, les patrons de la NASA ont quelques secondes pour prendre une décision. Heureusement, un jeune contrôleur de 25 ans, Steve Bales, a passé des semaines à travailler sur le programme de cet ordinateur. Lors d’une simulation, il avait rencontré le même problème et constaté à l’époque que l’ordinateur s’était bien comporté jusqu’au bout. On va lui faire confiance et on continue la mission.

À 1000 mètres, nouvelle alarme, Aldrin et Armstrong pâlissent, décidément c’est de la malchance. Il faut savoir qu’avant la mission Apollo 11, les experts les plus optimistes leur donnaient moins de 50 % de chances de succès. À Houston, tout le monde observe Steve Bales, c’est à lui de décider. Ce « gamin » pense qu’il faut continuer.

Parvenu à 400 mètres de la surface lunaire, les deux astronautes vont faire un constat inquiétant : ils ne sont pas du tout là où ils devraient être, s’ils se réfèrent aux simulations qu’ils ont faites dans les semaines passées. Il y a des petits décalages liés aux conditions de vol réel, notamment. Et ce qu’ils voient est terrifiant : d’énormes rochers qui entourent un cratère béant sur lequel le module a l’air de foncer. Armstrong prend à ce moment-là une décision grave, il enclenche la commande manuelle. Adieu le pilotage automatique, maintenant c’est lui qui tient la barre.

Armstrong réalise que ce sera bientôt la panne sèche

Le problème ? C’est que la jauge n’indique plus que 90 secondes de carburant et que les champs de rochers qu’il survole en ce moment n’autorisent évidemment aucun alunissage. 40 secondes, 30 secondes… Armstrong a repéré un endroit un peu moins accidenté. Il conduit le module dans cette direction. Le voyant orange se met à clignoter, ça va bientôt être la panne sèche.

Aldrin ferme les yeux, il prie. À ce moment-là, la planète entière prie. De toute façon, il est trop tard maintenant pour interrompre quoi que ce soit. Le temps de séparer les deux étages du module, celui-ci se serait déjà écrasé.

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Et ça y est, un voyant bleu vient de s’allumer. Eagle vient d’entrer en contact avec le sol de la Lune. Ils ont réussi. Il est 3h52 à Paris, en ce très historique 21 juillet 1969. Neil Armstrong pose son pied sur la lune quatre minutes plus tard.

Franck Ferrand

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