Richelieu dans l’intimité : Amoureux des chats, il vivait entouré de « Soumise », « Lucifer » et « Perruque » !

MARY EVANS/SIPA

Les insomnies, les chats, le théâtre et les conseillers de l’ombre ne suffisent pas à résumer l’impressionnante personnalité du cardinal de Richelieu. Mais arrêtons-nous sur la présence discrète mais constante des félins dans les couloirs et les cabinets de travail.

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Lorsqu’il dictait ses lettres ou réfléchissait aux affaires de l’État, on voyait Richelieu passer sa main légèrement noueuse dans la fourrure de l’un de ses compagnons, posé sur la table ou sur ses genoux. Sa chatte favorite, très souvent sur les genoux du Cardinal, s’appelait Soumise, le nom ne s’invente pas ! Les mémorialistes rapportent que sa présence l’aidait dans ses réflexions.

Non loin de son bureau, Richelieu avait fait aménager une chatterie : une pièce entièrement dédiée à ses félins. Parmi eux, on retiendra ces noms savoureux : Lucifer, ainsi baptisé en raison de ses nombreuses frasques, mais aussi Gazette, Perruque, Gavroche ou encore Félimare. Mais il y a aussi Ludovic le Cruel, Ludoviska, Mimi-Piaillon, Mounard le Fougueux, Rubis sur l’ongle, Serpolet, Pyrame, Thisbé, et Racan !

Richelieu menacé par un poison présent sur le pelage d’un de ses chats ?

Une peinture célèbre de Charles-Édouard Delort, bien que nettement postérieure à l’époque, illustre avec humour cette relation singulière.

On y voit Richelieu et le Père Joseph penchés sur un bureau : le Père Joseph, absorbé dans un document, tandis que Richelieu, la plume à la main, observe le sol où quatre chatons, surveillés par leur mère, s’ébattent sur une carte étendue à même le sol, près d’une coupe de lait renversée. Le cardinal semble alors bien plus intéressé par les acrobaties de ses félins que par les graves confidences de son collaborateur.

Une peinture que vous pouvez voir ici .

Les anecdotes autour des chats de Richelieu ne manquent pas, entre histoire et légende. L’une d’elles évoque des opposants qui auraient tenté de placer du poison sur le pelage d’un des chats pour éliminer le cardinal. Une autre, plus romanesque, met en scène le chevalier de Mérancourt, condamné à mort pour avoir récidivé dans le duel, une pratique sévèrement réprimée par l’édit de 1626, qui visait à enrayer l’hécatombe parmi la jeune noblesse.

Richelieu et les chats, les légendes ne manquent pas

Richelieu, après mûre réflexion, avait signé l’ordonnance d’exécution et l’avait laissée sur son bureau. Le lendemain, apprenant que le chevalier s’était battu vaillamment contre les troupes espagnoles, il regretta sa décision.

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Mais en se précipitant dans son cabinet, il apprit que l’exécution n’avait pas eu lieu : l’un de ses chats avait renversé de l’encre sur les papiers, rendant la signature illisible. Légende, sans doute, mais qui dit beaucoup de la place qu’occupe cet univers félin dans l’imaginaire collectif attaché à la figure de Richelieu.

Franck Ferrand

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