Pour 60% des Français, les syndicats sont davantage un élément de blocage que de dialogue

Selon notre étude Elabe pour Radio Classique, Les Echos et l’Institut Montaigne, 59% des Français estiment que, de manière générale, les syndicats de salariés constituent un élément de blocage de la société française. Soit une hausse de 8 points depuis la dernière enquête menée avant la grève contre la réforme des retraites.

 

Les personnes âgées réprouvent majoritairement les syndicats de salariés

Alors que la France enregistre une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelles contre la réforme des retraites ce 6 février, Radio Classique, Les Echos et l’Institut Montaigne publient une étude exclusive avec l’Institut Elabe sur la perception des Français à l’égard des syndicats de salariés. Seuls 40% des sondés les voient comme un instrument de dialogue. C’est huit points de moins que lors d’un précédent sondage Elabe, lancé en octobre 2019 lors d’un mouvement social à la SNCF suite à l’accident d’un TER. Cette opinion négative est majoritaire dans toutes les catégories de la population. Elle est particulièrement forte chez les personnes de plus de 65 ans (71% d’avis négatifs). Seuls les salariés du public (52% dialogue, 48% blocage) et des professions intermédiaires (51% dialogue, 47% blocage) se démarquent de cette défiance notable, avec des avis plus partagés.

 

Plus de 4 Français sur 10 considèrent que l’exécutif ne prend pas assez en compte la position des syndicats

Pire. 1 Français sur 2 ne fait confiance à aucun syndicat pour améliorer la situation des salariés. La CFDT n’est citée que par un peu plus de 25% des sondés ; la CGT par 21%. Mais cette réserve à l’égard des syndicats a beau avoir augmenté depuis le lancement de la mobilisation contre la réforme des retraites le 5 décembre 2019, la corrélation entre les deux événements est à nuancer. Car les Français font aussi porter la responsabilité des conséquences de la grève sur le gouvernement. Dans le cadre de la réforme des retraites par points, 46% des Français considèrent que l’exécutif ne prend pas assez en compte la position des syndicats de salariés.

 

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Les personnes interrogées qui se montrent les plus critiques envers ces derniers mais plutôt favorables à l’attitude du gouvernement sont âgées de plus de 65 ans et se placent sur le spectre électoral entre les électeurs de François Fillon et d’Emmanuel Macron. A l’inverse, les catégories les plus critiques envers le gouvernement mais les plus favorables aux syndicats de salariés sont les catégories populaires, les salariés du public, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen et les abstentionnistes.

 

Nicolas Gomont

 

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