Nicolas Sarkozy contraint de témoigner : « un problème de séparation des pouvoirs », selon Georges Fenech

L’ancien député du Rhône et ex-magistrat Georges Fenech était l’invité de Renaud Blanc dans la matinale de Radio Classique, ce mercredi 20 octobre. Auteur du livre « Le Procès » aux éditions du Rocher, consacré au procès du 13 novembre, il a vivement réagi à la décision du tribunal d’appeler Nicolas Sarkozy à témoigner dans l’Affaire des sondages de l’Elysée.

Nicolas Sarkozy est couvert par l’immunité présidentielle dans l’Affaire des sondages de l’Elysée

Alors que le procès de l’Affaire des sondages de l’Elysée vient de s’ouvrir, le tribunal a décidé de faire témoigner Nicolas Sarkozy sous la contrainte. Il a jusqu’ici refusé de témoigner dans cette affaire de commande de sondages sans appels d’offres. L’ancien chef de l’état, couvert par l’immunité présidentielle, doit être entendu le 2 novembre, et « la force publique pourra être employée ». Georges Fenech s’insurge contre cette décision, qui selon lui « pose un vrai problème constitutionnel car elle porte atteinte à l’immunité du président de la République ».

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Rappelant que celle-ci couvre « l’inviolabilité de la personne » du président, il y a, estime-t-il, « un problème de séparation des pouvoirs ». Il affirme même qu’elle constitue la base de la 5ème République, et que sans elle « il n’y a plus de fonction présidentielle, parlementaire, diplomatique » suggérant que des diplomates pourraient être placés en garde à vue, mettant en péril l’entente avec les pays étrangers. « L’immunité n’est pas pour protéger de turpitudes, elle permet d’exercer des fonctions en toute indépendance et immunité », plaide-t-il, insistant : « on porte atteinte à la liberté [de Nicolas Sarkozy] ».

Béatrice Mouedine

Retrouvez l’invité de la matinale