Edouard Philippe lance Horizons : « Un constat de l’échec de LREM » selon Jean-Louis Debré

Jean- Louis Debré était l’invité de la matinale de Renaud Blanc ce lundi 11 octobre, quelques jours après la création du parti Horizons d’Edouard Philippe ce week-end. L’ancien président du Conseil constitutionnel et ex-président de l’Assemblée nationale a pu partager son avis sur le contexte politique actuel en période de pré-campagne présidentielle.

« C’est un constat qui doit être difficilement vécu par les partisans de LREM »

C’est la question que tous se posent ces derniers jours avec la création du parti de l’ancien Premier ministre et maire du Havre : Edouard Philippe est-il une menace pour la campagne de réélection d’Emmanuel Macron ? Pour Jean-Louis Debré, la création du parti Horizons d’Edouard Philippe est le constat de l’échec de celui du président de la République. L’ancien président du Conseil constitutionnel déplore un manque d’implication des députés LREM à l’échelle locale, « c’est un constat qui doit être difficilement vécu par les partisans LREM ». Il appelle tout de même à la prudence car si Edouard Philippe prépare selon lui,  les élections de 2027, tout peut changer en quelques mois. Il ne manque d’ailleurs pas de rappeler le cas de Jean-Pierre Chevènement en 2002. Annoncé avec 30% des voix à 6 mois de la présidentielle, l’ancien candidat avait pourtant terminé à 5%. L’ex-président de l’Assemblée nationale appelle donc à la prudence quant à l’avenir d’Edouard Philippe. Au sein de son ancienne famille politique, la droite, Jean-Louis Debré se désole des querelles entre les trois candidats à la présidentielle à savoir Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et Michel Barnier, « Tout ceci n’est pas sérieux » confie-t-il. Sur les questions de l’immigration prônée justement par la droite, Jean-Louis Debré considère qu’il s’agirait plutôt de parler des « territoires oubliés de la république », un problème à régler certes, mais d’autres lui semblent plus importants comme la hausse des prix ou le pouvoir d’achat.

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Le quinquennat et la médiatisation des élections : causes du « blocage politique actuel »

Sur la question Zemmour, au cœur des débats en ce moment, il affirme que chacun doit assumer ses propres idées et non pas se réclamer de telle ou telle famille politique. Il faut rappeler que le polémiste se revendique du RPR mais pour Jean-Louis Debré, « je n’ai pas le sentiment que Jacques Chirac ai passé le moindre compromis avec des idées d’extrême droite. Laissons le RPR là où il est, et il n’est plus là ». Il reconnaît toutefois « l’intelligence de l’homme », Zemmour qui a su imposer son rythme dans cette campagne pré-électorale. La grande caractéristique de cette campagne présidentielle c’est qu’elle se passe dans un vide idéologique selon son analyse. Jean-Louis Debré rappelle la lutte gauche/droite qui a animé pendant des décennies la sphère politique. Aujourd’hui cela a changé, « les partis sont tout et leur contraire à la fois ». Il souligne le fait que dans notre histoire, « il y a très peu de période ou le système politique ne fabrique pas de personnage ». Dans cette campagne électorale de 2022, cela n’est plus le cas car « personne ne structure plus rien » et aucune personnalité ne semble véritablement se démarquer dans le paysage politique français.

 

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Deux drames viennent de surcroît marquer le climat politique actuel. Tout d’abord, il y a le quinquennat qui est selon lui une erreur. Pour gouverner il faudrait un temps plus long. De plus, la suppression du cumul des fonctions des élus nationaux c’est-à-dire des députés qui ne peuvent plus être maires ou présidents des conseils généraux par exemple, est une erreur puisque l’enracinement local est « essentiel » et c’est d’ailleurs la faille des marcheurs LREM. Vient s’ajouter à cela, la médiatisation des élections, « les débats étaient beaucoup plus libre à l’époque puisqu’il n’y avait pas la télévision dans l’hémicycle ». Pour lui, les médias sont en partie responsables de cette célébrité que recherchent les hommes politiques qui souhaitent parler et être vus sur le petit écran. Nous sommes donc bien loin d’une époque où « l’assemblée était une scène ou les gladiateurs de la parole s’affrontaient ». Pour Jean-Louis Debré, ces deux facteurs seraient à l’origine de ce blocage de la vie politique. En fait, la vision globale de la politique pour Jean-Louis Debré c’est en quelque sorte celle d’Henri Queuille qu’il s’amuse à citer : « La politique, ce n’est pas de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent ».

Ondine Guillaume

Retrouvez l’invité de la matinale