Secret de la confession : « Evitons les polémiques parasites » lance Monseigneur Matthieu Rougé

Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, était l’invité de la matinale de Renaud Blanc ce vendredi 8 octobre, quelques jours après la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’église, présidée par Jean-Marc Sauvé. Réagissant aux propos polémiques de Eric de Moulins-Beaufort, Matthieu Rougé a invoqué « une maladresse » du président de la Conférence des évêques de France.

Gérald Darmanin recevra Eric de Moulins-Beaufort au ministère de l’Intérieur

La polémique fait rage depuis hier et les déclarations chez nos confrères de franceinfo du président de la Conférence des évêques de France, Eric de Moulins-Beaufort. Il a affirmé, quelques jours après la remise du rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l’Eglise, que « le secret de la confession est plus fort que les lois de la République ». Des propos qui ont entraîné sa convocation place Beauvau par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin mardi 12 octobre.

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Souhaitant apporter de la nuance à cette affaire, Monseigneur Matthieu Rougé a précisé que s’il y a eu « une maladresse, reconnue d’ailleurs par Eric de Moulins-Beaufort », il assure que « cette rencontre s’inscrit dans le cadre des rencontres habituelles et régulières » entre les autorités publiques et religieuses. Il rappelle également que « la loi reconnaît le secret de la confession », même si ce n’est pas tout à fait au même titre que le secret professionnel, et assure que les évêques travailleront à trouver la meilleure solution pour faire émerger la parole des fidèles sans qu’il y ait protection des crimes.

 

Matthieu Rougé : Un rapport voulu par les évêques, « signe de leur détermination à avancer »

Il appelle surtout à éviter « les polémiques parasites, car le sujet est trop grave ». Le sujet évoqué est bien sûr celui des nombreuses victimes d’abus sexuels dans l’Eglise. Le rapport pointe 150 000 enfants ou adolescents abusés entre 1950 et 2020. Un rapport, souligne Matthieu Rougé, voulu par les évêques, « signe de leur détermination à avancer ». Il ajoute d’ailleurs qu’Eric de Moulins-Beaufort « fait partie de ceux qui se sont engagés pour avancer sur ces sujets dramatiques ». L’objectif de cette commission indépendante est de « repérer les points de mauvaises pratiques qui ont permis ces abus sexuels extrêmement graves », poursuit l’évêque de Nanterre. Les 45 recommandations du rapport, dont certaines ont « déjà été anticipées », seront examinées par les autorités catholiques françaises d’ici l’assemblée plénière des évêques, début novembre, pour « voir comment les mettre en œuvre ». « Il y aura un avant et un après le rapport Sauvé », a conclu Monseigneur Matthieu Rougé.

Béatrice Mouedine

Retrouvez l’invité de la matinale