Mia et sa mère retrouvées : le récit de l’enlèvement

Le Parisien vous raconte ce matin comment s’est agrégé le commando qui a enlevé Mia chez sa grand-mère le 13 avril dernier. C’est bête comme le héros du film OSS 117, bête comme une entreprise complotiste, bête comme le nom de code donné à l’enlèvement de Mia : opération Lima…

Antivaccins, apparemment réceptifs aux théories du complots, les membres du commandos cumulent le pire des croyances qui circulent sur internet

Le procureur de Nancy parle d’une opération extrêmement bien préparée, presque militaire et il décrit ce qui ressemble au casting d’un film d’espionnage, avec des surnoms pittoresque et surtout des parcours hétéroclites. Il y a Pitchoun 57 ans, pianiste dans un restaurant à Montmartre, il y a Le Corbeau 23 ans, bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé domicilié chez ses parents, Jeannot, 60 ans, sans profession. Le plus étonnant, ces 3 individus étaient déjà suivis depuis des semaines par les services de renseignement intérieur. Pourquoi ? Parce que soupçonnés d’avoir voulu fomenter des actions contre des centres de vaccination ou des établissements bancaires.

 

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Mieux, le trio projetait des enlèvements d’enfants pour les soustraire à de pseudos réseaux pédophiles. C’est là que le fait divers sur l’enlèvement de Mia devient un fait de société. Apparemment antivaccins, apparemment réceptifs aux théories du complots selon lesquelles la France regorgerait de réseaux pédophiles sous-terrain, les membres du commandos cumulent le pire des croyances qui circulent sur internet. Le procureur tire ainsi leur portrait : « ces hommes font partie d’une communauté d’idée construite sur un discours anti-étatique et la dénonciation d’une dictature sanitaire ».

La mère de Mia était elle-même convaincue par les thèses du complot

Ouest-France rapportait hier les délire de Lola, via ce qu’elle postait sur Facebook, un concentré d’idiotie contemporaine, convaincue que « le monde prédateur et satanique de l’éducation nationale allait organiser des rafles d’enfants ». En avril 2020, elle écrivait « Ils envoient leurs larbins des services de protection de l’enfance, enlever des enfants des soins de leurs parents. Ces enfants sont destinés à alimenter le réseau pédocriminel sataniste ». Quant aux 3 Pieds Nickelés, ils seront bientôt rejoint dans leur projet par Bruno, un père de famille. Selon les premières information de la justice c’est un certain Bouga, lui aussi repéré par la DGSI, qui aurait établi le contact. Bouga, membre influent de la sphère complotiste française a été le premier à être en contact avec la mère de Mia dont le récit l’aurait convaincu de passer à l’action.

 

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Le reste de l’histoire est relaté dans vos journaux ce matin. L’Alsace, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, le Dauphiné, tous racontent l’expédition délirante et le travail remarquable de la police qui semblait sur le coup bien avant que le public ait connaissance de l’affaire. Demeure une question, l’enlèvement de Mia était il l’unique objectif du commando ? Ou un prélude à d’autres actions ? Pour le procureur de la République de Nancy « il est possible que d’autres actions aient été envisagées ». Que nous raconte l’histoire de Mia au-delà du dérèglement d’un amour maternelle ? Qu’un concentré d’ignorance, de haine, d’antiétatisme et de ressentiment s’autoalimentent sur les réseaux sociaux. Et lorsque Emmanuel Macron dans son interview du Figaro évoquent ces sujets en matière de sécurité, il omet de nommer le complotisme qui jusqu’à présent servait d’auxiliaire à la pensée boiteuse de quelques-uns. Il pourrait devenir avec l’affaire Mia et la contagion du mouvement américain QANON, le prétexte d’autres passages à l’acte.

David Abiker

 

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