Mille tracteurs ont convergé en ce mercredi 27 novembre en direction de Paris à l’appel du principal syndicat, la FNSEA et des Jeunes agriculteurs. Ils dénoncent « l’agribashing », c’est-à-dire les violentes critiques visant la profession, et les difficultés à se rémunérer.
Emilie Valès a rencontré deux manifestants, Christophe et David, venus des Yvelines, pour comprendre les raisons de cette colère. Ecoutez son reportage à Sonchamp.
Intrusions dans les élevages, polémiques sur les pesticides et revenus en baisse
Ce matin, des exploitants des Hauts-de-France, de Bourgogne-Franche-Comté, d’Ile-de-France, ou encore du Grand-Est vont se rassembler pour une action coup-de-poing. Ils arriveront vers la capitale, sur les autoroutes et les nationales. Depuis plusieurs mois, les intrusions de militants antispécistes dans les élevages se multiplient, ainsi que les polémiques sur l’utilisation de pesticides près des habitations. Une ambiance délétère à laquelle s’ajoute la problématique des revenus en baisse.
Ecoutez le reportage d’Emilie Valès à Sonchamp (78) :
Qu’est-ce que l’agribashing ?
Cet anglicisme reprend le mot « bashing », qui désigne en anglais le fait de frapper violemment. Il désigne une forme de défoulement, via le dénigrement collectif d’une personne ou d’une profession. L’agribashing consiste à déconsidérer le monde agricole, en critiquant certains modes de productions : grandes exploitations, élevages intensifs et utilisation de pesticides. Les critiques visent parfois le principe même de l’agriculture, mettant en cause l’élevage, considéré comme une maltraitance pour les animaux, c’est le cas des vegans, qui rejettent la consommation de tout produit animal. Ces derniers mois, des « commandos vegan » ont commis des actes de vandalisme visant des élevages, mais aussi des boucheries, poissonneries et restaurants.
Pour Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, le compte n’y est pas quant à la rémunération
Les manifestants demandent notamment l’application dans son intégralité de la loi Egalim, mise en place depuis presque un an. Elle vise à rééquilibrer les relations entre agriculteurs, industriels et distributeurs, pour améliorer le revenu des producteurs. Mais « le compte n’y est pas » a reconnu le 21 octobre dernier Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture. C’est la troisième mobilisation des agriculteurs cet automne. La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs réclament « un revenu décent pour les agriculteurs », ils rejettent les traités de libre-échange et dénoncent le « malaise paysan ».
🔴📢Une fois encore, MOBILISONS-NOUS le mercredi 27 novembre 2019 sur tout le territoire, pour maintenir la pression afin de confirmer les avancées obtenues, faire baisser les charges et monter les prix ! @JeunesAgri @JeromeDespey https://t.co/1yzLvlI5NB
— La FNSEA (@FNSEA) November 21, 2019
Le soutien d’Emmanuel Macron aux agriculteurs en octobre
Depuis Mayotte, Emmanuel Macron avait jugé « inacceptables » les attaques contre les agriculteurs. La FNSEA, principal syndicat agricole et les Jeunes agriculteurs avaient salué cette première parole du président de la République pour soutenir les exploitants, reconnaissant « les signaux d’une prise de conscience du malaise agricole ». Ils attendent toutefois la matérialisation concrète dans les exploitations.
Béatice Mouédine
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