Macron et les non vaccinés : Ce que révèlent ses propos sur sa stratégie de campagne

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Emmanuel Macron a mis le feu à la plaine dans les colonnes du Parisien-Aujourd’hui en France en affirmant vouloir « emmerder » les non vaccinés. Tous ses adversaires ont réagi et la classe politique est en ébullition, un évènement qui donne le coup d’envoi et le ton de la campagne présidentielle.

« Ceux qui plaidaient pour le retrait et la prise de hauteur ne connaissent pas bien le patron »

La présidentielle de 2022 ne sera pas une guerre de tranchées mais de mouvement. Les généraux macronistes s’interrogeaient ces derniers temps : devaient-ils descendre dans l’arène et rendre coup pour coup, ou rester le plus longtemps possible en haut de l’Olympe en gérant la crise sanitaire ? Emmanuel Macron a tranché ce débat tactique hier dans le Parisien. Une petite phrase et voilà toutes les oppositions en ébullition. Il veut « emmerder » les antivax, mais ce sont surtout ses adversaires politiques qui ont réagi ! Très vieux principe de stratégie électorale : pendant que vos concurrents parlent de vous, ils ne parlent pas d’eux.  « Ceux qui plaidaient pour le retrait et la prise de hauteur ne connaissent pas bien le patron », décrypte un ancien de la campagne de 2017. Il enchaîne : « moi le Macron qui m’a surpris était celui de décembre, qui s’excuse. J’ai retrouvé en janvier mon Macron de 2017, celui qui choque, peut-être, mais qui dirige le débat ».

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Emmanuel Macron mise sur la guerre de mouvement, cherchant à surprendre et attaquer

Donc on va avoir un Macron toujours à l’offensive et cherchant systématiquement à être là où on ne l’attend pas. Il veut surprendre, attaquer, cliver, prendre l’initiative, obliger tous les autres à se positionner par rapport à lui. Esquisse de l’esprit de la campagne de réélection ? Un membre du nouveau parti d’Edouard Philippe, Horizons, reste baba : « la gestion de la crise lui réussit, et elle étouffe ses oppositions. Pourquoi les hystériser, je ne comprends pas ». « Parce que si on ne bouge pas, on peut mourir », répond un stratège macroniste. Le président fait, comme tout le monde, le constat d’un paysage politique morcelé et surtout instable. Les enquêtes d’opinion lui sont certes favorables mais le taux d’indécis et de personnes pas sûres d’aller voter est élevé. Dans ces conditions, restez immobile et vous risquez d’être débordé. Macron choisit donc la guerre de mouvement.

David Doukhan

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