Louis XIV : Une basse de violon de la fin de son règne mise en vente à Neuilly

Crédit: Aguttes

À l’occasion d’une vente d’arts classiques organisée par la maison de vente Aguttes, sera mise aux enchères le 6 décembre à Neuilly un instrument d’exception. Cette basse de violon (entre le violoncelle et la contrebasse) du début du XVIIIe siècle, réalisée par le luthier Jacques Boquay, a certainement été jouée à la Chapelle royale du Château de Versailles à la fin du règne de Louis XIV. L’instrument est estimé entre 500 000 et 600 000 euros.

L’instrument porte des inscriptions qui attestent sa destination « royale »

Louis XIV a-t-il entendu cette basse de violon jouée par un des musiciens de la chapelle royale à Versailles ? Pas certain, mais, selon les expertises menées par la maison de vente Aguttes, qui proposera ce remarquable instrument aux enchères le 6 décembre dans ses locaux à Neuilly-sur-Seine (92), ce « violon de procession » aurait été réalisé par un des plus grand luthier français de l’époque, Jacques Boquay, entre 1700 et 1710 au moment de l’achèvement de la chapelle royale, cinq ans avant la mort du Roi soleil en 1715 et aurait été destinée à un musicien de la musique du roi.

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D’autres signes attestent cette version selon Grégoire de Thoury, interrogé par Le Figaro. Le chef de département de la maison de ventes Aguttes indique notamment que, sur la partie inférieure de l’instrument est peint un blason ovale couronné des grandes armes de France, armes que l’on retrouve justement sur la grille de la cour d’honneur du château de Versailles. Il y a également l’inscription « sit nomen domine benedictum » (extrait du psaume 112, symbole royal depuis Charles VIII) peinte sur les éclisses de l’instrument, des fleurs de lys peintes dans les coins de la table d’harmonie et une trace de rosace sous la touche. Autant de signes qui certifient sa destination royale.

 

Le Musée de la musique, le Château de Versailles ou le Centre de musique baroque de Versailles très intéressés

Toujours selon Grégoire de Thoury, trois joueurs de basse de violon, musiciens de la cour royale (Prosper Charlot, Jean-Baptiste la Fontaine ou Joseph Marchand) ont pu être les destinataires de l’instrument, acquis par la suite par la famille d’Harcourt puis la collection Charles Enel et les descendants du collectionneur Frédéric Boyer qui le mettent aujourd’hui en vente.

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Estimée entre 500 000 et 600 000 euros, cette basse de violon, témoignage de l’excellence du travail des grands luthier de l’époque, intéresse vivement les grandes institutions muséales françaises spécialisées. Dans son article, Thierry Hillériteaux, indique que le Musée de la musique (Philharmonie de Paris), qui possède déjà une basse de violon signée Niccolo Amati (luthier de Crémone) de 1572, a manifesté un fort intérêt mais d’autres institutions comme le Château de Versailles ou le Centre de musique baroque de Versailles suivront de très près la vente et ont même alerté des mécènes.

Philippe Gault

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