Les Concertos pour piano de Mozart « mis en scène » par le pianiste Jean-Efflam Bavouzet

La série des Concertos pour piano de Mozart par Jean-Efflam Bavouzet, très fêtée par la critique, s’étoffe d’un cinquième volet. Les concertos n° 5, 6, 8 et 9 se voient complétés par les ouvertures Il sogno di Scipione, Lucio Silla, La finta giardiniera, Il re pastore et Zaide.

 

Le 5ème concerto est le premier de la plume de Mozart

Le fait que toutes ces partitions aient été écrites par Mozart entre quinze et vingt-cinq ans constitue certes un vibrant témoignage de ses talents uniques d’enfant prodige, mais ce n’en sont pas moins des œuvres de pleine maturité… si toutefois ces considérations font sens chez un compositeur mort à 35 ans ! Le Cinquième Concerto est en réalité le premier de la plume de Mozart, les n° 1 à 4 étant des arrangements de morceaux d’autres compositeurs.

 

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Le joyau du disque est certainement le Concerto pour piano n° 9 dit « Jeunehomme », composé à l’attention de la virtuose française Mademoiselle Jeunehomme. Mozart impose ici sa propre personnalité : ayant fait le tour des possibilités que lui donnait le style galant, il met à profit les avantages que lui offre une authentique professionnelle du clavier pour tisser un dialogue d’une grande expressivité entre le soliste et l’orchestre. L’entrée du piano à découvert dès la deuxième mesure – geste éminemment théâtral et très audacieux pour l’époque – préfigure le Quatrième Concerto pour piano de Beethoven.

 

Jean-Efflam Bavouzet a notamment pour partenaire le chef Gábor Takács-Nagy

A l’instar des volumes précédents, Jean-Efflam Bavouzet a pour partenaires la Manchester Camerata et le chef Gábor Takács-Nagy, tous enregistrés au Stoller Hall de Manchester. Les musiciens font valoir un jeu tout en finesse, au diapason de l’écriture très théâtrale de ces concertos, et se lancent dans une véritable joute espiègle dans les mouvements rapides : les timbres se frottent, les bois crépitent, tout est plein de vie et de verdeur… ce qui n’empêche pas les ombres de planer sur les mouvements lents, dont les doigts du pianiste font ressortir admirablement la teneur élégiaque.

 

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Wolfgang Amadeus Mozart : Concertos pour piano et orchestre n° 5 à 9. Ouvertures. Jean-Efflam Bavouzet (piano). Manchester Camertata, dir. Gábor Takács-Nagy (2 CD Chandos).

Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission « Tous Classiques » de Christian Morin.