Le remaniement est la seule « arme » qui reste à Emmanuel Macron, selon Alain Minc

Alain Minc était l’invité de la matinale de Guillaume Durand, ce jeudi 25 juin. Au sujet du procès Fillon, dont le jugement sera rendu lundi 29 juin, il a qualifié de « typiquement française » la judiciarisation de l’action politique. Le conseiller politique et essayiste a par ailleurs estimé que le remaniement était la seule « arme » qui restait à Emmanuel Macron.

 

Alain Minc juge que la France est un pays « où le pouvoir politique est considéré comme plus illégitime qu’ailleurs »

Interrogé par Guillaume Durand sur la fin du procès du couple Fillon, dans l’affaire de l’emploi fictif de Penelope Fillon, Alain Minc a jugé qu’il existait « une espèce de justice en roue libre qui joue un rôle politique, peut-être sans le vouloir ». Il juge que la judiciarisation de l’action politique est un phénomène « typiquement français », prenant également exemple sur les plaintes contre l’Etat et ses représentants pendant l’affaire du covid.

 

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Des plaintes qui selon lui ont pesé sur l’action publique. « La France est un pays éruptif et compliqué, où le pouvoir politique est considéré plus illégitime qu’ailleurs », a-t-il expliqué, poursuivant « si on prive le chef de l’état de quelques armes, on peut aller vers un affrontement entre le pays et lui ».

 

Emmanuel Macron ne peut utiliser que l’arme du remaniement, selon Alain Minc

L’arme qu’il a évoquée est celle d’un remaniement gouvernemental, qu’on dit imminent. « Emmanuel Macron fait face à la plus grave décision de la dernière partie de son mandat » a jugé Alain Minc. Il a ensuite listé les moyens dont il dispose pour relancer le quinquennat : « La dissolution ? Jacques Chirac nous a démontré que c’est quelque chose dont il ne fallait pas user ». Même constat pour le référendum. Il ne lui reste, selon Alain Minc, qu’un « changement de gouvernement ».

 

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« On a connu la période Jupitérienne » a décrit l’essayiste, puis « une situation conflictuelle « qu’on a appelée avec courtoisie la cohabitation, qui était le choc des deux légitimités », enfin, si Emmanuel Macron est réélu, « ce que je souhaite » a précisé Alain Minc, « il n’aura pas avec En Marche de nouvelle majorité absolue. Il sera obligé de faire un gouvernement de coalition, donc on aura une 3ème variante de la 5ème République ».

Béatrice Mouedine

 

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