Le quartier du Mont-Valérien à Suresnes candidat au label Eco-Quartier

Les élections municipales auront lieu dans trois semaines. L’écologie est une thématique est au cœur des programmes électoraux. Mais certains ont décidé de ne pas attendre les politiques pour agir.

 

Ecoutez 3 minutes pour la planète de Baptiste Gaborit :

 

Des potagers partagés pour apprendre l’agriculture aux enfants

A Suresnes, commune de 50.000 habitants en proche banlieue parisienne, les habitants ont lancé leur propre transition écologique. Il y a un peu plus de 10 ans, ils ont constitué une association dans le quartier du Mont-Valérien, appelée Liberté Mont-Valérien et depuis, ils multiplient les projets comme des jardins partagés au pied d’une résidence. « On a 15 parcelles individuelles et des parties collectives entretenues par l’ensemble des adhérents », précise Sylvie Melo, référente « agriculture urbaine » de l’association.

 

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« Le jardin partagé nous a permis de nous connaitre entre voisins. J’aimerais que les gens se rencontrent un peu plus dans tout le quartier », souhaite-t-elle par ailleurs. L’initiative de l’association concerne aussi le groupe scolaire des Cottages, situé à quelques minutes à pied de l’immeuble. Le collectif, en lien avec l’équipe éducative, vient d’y créer des jardins potagers partagés. « Cela sensibilise les enfants à l’agriculture et leur permet de savoir comment poussent les aliments et à quelle saisons. Ils ont l’habitude de manger des tomates toute l’année par exemple, alors qu’elles se récoltent de début juin jusqu’à septembre-octobre maximum ».

 

Les habitants devront attendre 20 ans pour être remboursés de leur investissement

« Cela peut remettre les choses à leur place. Et en même temps les enfants sont très ouverts à tout ce qui touche à la nature. Dans le compost, ils ont tous envie de toucher les vers ». Car des bas à compost viennent d’être installés dans une partie de la cour de récréation. Les enfants sont invités à tour de rôle à amener de chez eux les bio-déchets comme les épluchures de légumes. Leur école est au cœur du projet lancé par l’association car c’est là-bas aussi que les habitants comptent déployer des panneaux photovoltaïques, sur le toit en l’occurrence.

 

Ces panneaux ont été auto-financés via un financement ouvert à tous les habitants. « Chaque habitant met quelques euros, détaille Philippe Lakas, président de l’association Liberté Mont-Valérien. La part est à 200€ chez nous et on finance l’installation de panneaux solaires, généralement sur des bâtiments publics. Une revente de l’électricité produite à EDF va amortir et rembourser les investisseurs, à savoir les habitants. Cela va durer 20 ans mais on va les rembourser ».

 

Le Mont-Valérien à Suresnes candidat pour obtenir le label d’éco-quartier

Philippe Lakas ne compte pas s’arrêter là. Il compte bien aussi faire pousser du houblon dans les douves de la forteresse du Mont-Valérien pour ensuite en faire une bière ; la bière de Suresnes. Des idées et des projets regardés de très près par la mairie.

 

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« On a pas la science infuse donc ils peuvent nous sortir des projets intéressants et nous permettre de bousculer un peu nos habitudes, explique Stéphane Perrin-Bidan, habitant membre de l’association et adjoint au maire chargé des espaces verts et de la qualité environnementale à Suresnes. Il y a beaucoup de projets en cours, mais ils avancent. » L’association Liberté Mont-Valérien s’est engagée dans une démarche de reconnaissance d’éco-quartier, un label rare pour les quartiers déjà existants.

 

Baptiste Gaborit

 

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