Le baryton Edwin Fardini remporte le grand prix des « Voix des Outre-Mer »

Diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, le jeune baryton Edwin Fardini, originaire de Martinique, a remporté l’édition 2021 du grand prix des « Voix des Outre-Mer ». Ce concours, qui récompense depuis trois ans des pépites lyriques des territoires ultra-marins, aspire à donner plus de visibilité à ces régions en manque de conservatoires mais pas de talents. 

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Parmi les 16 candidats présents lors de cette finale des « Voix des Outre-Mer » organisée vendredi à l’Opéra Bastille à Paris, c’est le baryton Edwin Fardini, 25 ans, dont la carrière est déjà lancée, qui s’est imposé. Le chanteur martiniquais est en effet diplômé devis 2019 du prestigieux Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMD), tout comme la lauréate de la première édition, la Guyanaise Marie-Laure Garnier, nommée cette année aux Victoires de la musique classique.

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C’est des mains de Roselyne Bachelot qu’Edwin Fardini a reçu son prix. La ministre de la Culture qui a salué les finalistes qui « représentent parfaitement le magnifique vivier des voix lyriques d’Outre-mer (…) qu’il conviendra d’intégrer dans les distributions (d’opéras) de la meilleure façon ». Des finalistes originaires de la Guadeloupe, de la Polynésie française, de la Guyane, de Mayotte ou de La Réunion réunis sur la scène de l’Opéra Bastille pour un concours, placé, pour la première fois, sous le haut patronage du président Emmanuel Macron.

Fabrice di Falco va créer une Maison des voix des Outre-Mer et un conservatoire

Le fondateur du concours, le chanteur lyrique martiniquais Fabrice di Falco, lui-même formé au Conservatoire de Boulogne Billancourt, a voulu mettre un coup de projecteur sur les talents lyriques issus de l’Outre-Mer mais aussi sur l’absence de maisons d’opéra et, plus crucialement, le faible nombre de conservatoires dans ces territoires. « Il y en a un en Guyane, un à la Réunion, un en Polynésie française et un en Nouvelle-Calédonie mais malheureusement ni à Saint-Pierre-et-Miquelon, ni à Mayotte, ni en Martinique ni en Guadeloupe, ni à Wallis et Futuna », affirme le contre-ténor de 46 ans. « Nous avons besoin d’aide à l’apprentissage tout comme l’Alsace, la Bourgogne, la Côte-d’Azur », souligne Fabrice Di Falco, qui se prépare à lancer en 2021 « La maison des voix des Outre-Mer » à Saint-Pierre (Martinique), où seront donnés gratuitement des cours de chants, et œuvre également pour y créer un conservatoire.

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Le concours, qui n’impose pas de limite d’âge, est ouvert aux voix déjà formées et aux autodidactes. Les lauréats sont pris en charge par l’association Les Contres Courants grâce à des cours de chant et des « masterclass » animées par des grands noms du lyrique dont Karine Deshayes, Ludovic Tézier ou Philippe Jaroussky. Dans le jury, autour de son président Richard Martet, de grands noms du classique français comme Alexander Neef (ONP), Karine Deshayes (également marraine du concours), Alain Lanceron (Warner et Erato), Jean-Philippe Thiellay (CNM), Frédéric Lodéon (Violoncelliste et chef d’orchestre), Marc Voinchet (France Musique) ou encore Jean-Michel Dhuez (animateur le week-end sur Radio Classique).

Le concours 2021 rendait hommage à Christiane Eda-Pierre

Si l’art lyrique compte des légendes afro-américaines, Barbara Hendricks, Leontyne Price, Jessye Norman, Marian Anderson dans le passé, ou plus récemment les étoiles montantes Angel Blue ou J’Nai Bridges, ou comme la nouvelle génération sud-africaine (Pretty Yende), Fabrice Di Falco déplore le manque de visibilité des chanteurs lyriques d’outre-mer dans les maisons d’opéra. Le concours de cette année rendait hommage à la Martiniquaise Christiane Eda-Pierre, 1ère cantatrice noire française à connaître une carrière internationale, décédée en septembre 2020 à l’âge de 88 ans.

Philippe Gault (Avec AFP)

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