Lait bio : l’offre a dépassé la demande en France

Depuis le début de l’année, la production de lait bio augmente, mais les consommateurs en achètent de moins en moins.

Le lait bio concurrencé par le lait local ou de pâturage

Les ventes de briques de lait bio ont chuté de presque 9% au premier semestre et celles de fromage bio de 4%. Une très mauvaise nouvelle pour les producteurs, car le bio coûte plus cher à produire et il est donc vendu plus cher, mais si la consommation ne suit pas, les prix risquent de chuter. Difficile de dire pourquoi la consommation recule. Peut-être est-ce un aspect conjoncturel lié à la crise Covid ou peut-être que la restauration a acheté moins de lait bio. A moins que ce changement ne soit plus structurel. Une brique de lait bio coûte 1,21 euros en moyenne, contre 79 centimes pour le litre normal. Une sacrée différence pour certains consommateurs qui comptent leurs sous.

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Surtout qu’il y a eu des innovations dans la filière, et des laits plus locaux, garantis vaches nourries sans OGM, ou encore des laits de pâturages sont proposés à la vente. Des produits qui ne sont pas standards, mais qui restent moins cher que le bio. Pour toute la filière agricole, ce signal faible est inquiétant. Alors que l’offre bascule à marche forcée vers le bio, une forme de plateau serait atteinte. Le bio ne constituera peut-être pas plus de 15 à 20% de la demande, et en produire trop pourrait s’avérer problématique.

Lactalis, Sodiaal : leurs cuves débordent

Les transformateurs, qu’il s’agisse de groupes privés comme Lactalis le numéro un mondial du fromage ou de Sodiaal, une grosse coopérative, commencent à ne plus pouvoir acheter tout le lait bio qui est produit. Puisque leurs cuves débordent, ils proposent d’acheter le surplus de bio au prix normal. Ce qui représente un manque à gagner de 25% pour les agriculteurs. Et si les prix d’achat baissent, financer la transition vers le bio va devenir compliqué.

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Ces signaux devraient peut-être nous interpeller. Dans la mode, la grande consommation, le chauffage ou l’automobile, l’offre est de plus en plus écologique et responsable, une bonne chose pour notre santé et la planète, mais faut-il encore que les consommateurs suivent. Imposer un nouveau mode de consommation peut créer des injustices et un sentiment de révolte, et le lait bio nous donne peut-être une première alerte.

David Barroux 

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