La Grèce commande 18 avions Rafale fabriqués par Dassault

Voir la Grèce commander ce week-end des avions de chasse fabriqués par le français Dassault c’est bien sûr une bonne nouvelle pour notre commerce extérieur mais c’est aussi le signe d’une montée des tensions sur le front géopolitique.

 

La Grèce se sent menacée par la Turquie d’Erdogan

Si la Grèce, dont les caisses ne débordent pas, a décidé de dépenser 2 milliards d’euros c’est d’abord parce qu’Athènes se sent de plus en plus menacé par une Turquie d’Erdogan au ton de plus en plus menaçant. Il y a deux raisons qui expliquent le choix de cet avion de Dassault. La première, c’est que le Rafale a très bonne réputation. C’est un appareil récent, mis en service en 2002. C’est un avion qu’on appelle multi-missions, très polyvalent, qui peut être utilisé par les armées de l’Air comme par les Marines.

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L’autre raison, c’est que la Grèce est un client historique de Dassault. Les autorités grecques ont commandé des dizaines de Mirage de toutes les générations depuis les années 70. En plus, l’avantage de cette commande c’est que la France va leur permettre de commander à la fois six Rafale neufs mais aussi une douzaine d’appareils d’occasions rachetés à la France, ce qui permet d’alléger la facture. Et puis enfin même si la Grèce avait déjà commandé des F16 aux Etats-Unis, c’est important pour eux de rester « double source », ils ne veulent pas dépendre que d’un seul fournisseur.

Plus on vend de Rafale, plus on aura des moyens pour continuer de moderniser cet avion

La France a décidé de ne dépendre de personne pour ses chasseurs. On conçoit et on fabrique nos propres avions. Mais cela coûte cher. Plus de cinquante milliards au moins. Pour amortir de tels frais de développement la France devra à la fois commander au moins autour de 200 Rafale mais il faut aussi que Dassault arrive à en exporter plusieurs dizaines.

 

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Cela fait rentrer de l’argent dans les caisses pour partager les frais mais en plus ça permet de maintenir durablement en activité la ligne de production et les fournisseurs sans que la France dont le budget de défense est aussi sous contrainte soit obligé de commander dès maintenant trop d’appareils. En vendant comme on l’a déjà fait à l’Egypte, le Qatar, l’Inde et maintenant la Grèce, on peut étaler nos propres commandes et s’assurer que les lignes de production vont continuer à tourner pendant plusieurs années. Et plus on vend de Rafale, plus on aura aussi des moyens pour continuer de moderniser cet avion et ses équipements.

David Barroux