Coronavirus : situation catastrophique pour l’aéronautique

L’été n’aura pas permis de sauver l’année des aéroports français. Dans la période de crise que nous traversons, il y a des secteurs économiques qui s’en sortent bien comme la distribution ou les télécoms. Il y a des secteurs qui souffrent beaucoup comme l’automobile ou la restauration. Et il y a des secteurs pour qui la situation est absolument catastrophique comme les spectacles, l’hôtellerie et l’aéronautique.

 

Le trafic aérien a baissé de 85% sur la période mars/juillet

Pour les aéroports, la situation est véritablement dramatique. Ils n’ont que deux sources de revenus : celles issues des compagnies aériennes pour atterrir et décoller, et celles qui proviennent de leur gigantesque galerie commerciale. Les passagers dépensent dans les parkings, les boutiques et les restaurants. Et aujourd’hui les recettes se sont envolées. Sur la période mars-juillet, le trafic s’est écroulé de 85% dans les aéroports français, malgré la légère reprise du trafic domestique et une bonne reprise des vols vers l’Outre-mer.

 

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Mais au final, en juillet, le trafic était encore en recul de 77%. Il faut être clair, les aéroports tournent à vide et cela pose un énorme problème parce qu’on est dans une économie de coûts fixes. 80% des frais des aéroports sont incompressibles. On peut faire un peu de chômage partiel, mais on doit toujours rembourser sa dette, financer des travaux, maintenir les protocoles de sécurité et dépenser de l’argent en plus dans les aspects sanitaires. En gros, vous avez des coûts qui ne changent presque pas mais des recettes qui s’effondrent. C’est la bonne recette pour aller dans le mur.

 

Le groupe ADP subit une très grave crise

Faudra-t-il alors fermer des aéroports ou réduire la taille de certains ? Ce n’est pas facile, parce que fermer un aéroport c’est couper une ville du trafic aérien. Dans un grand aéroport comme Roissy on peut fermer temporairement un ou deux terminaux car tous les vols n’ont pas repris. On peut retarder des investissements. Le nouveau terminal qui était en projet ne va pas être lancé tout de suite. Mais la vérité c’est que tant que les voyageurs ne seront pas de retour, il n’y a pas de solution viable.

 

 

Et le problème c’est qu’on ne voit pas très bien quand le trafic aérien va retrouver ses niveaux d’avant crise. Sur les vols internationaux on est encore à -80%. On est parti pour une crise très dure. Il y a quelque mois on voulait interdire par référendum la privatisation d’ADP en disant qu’on allait vendre la poule aux œufs d’or. Aujourd’hui ADP est parti pour une crise très dure et si cela se passe mal se seront les contribuables qui paieront.

 

David Barroux