Succès du bois sur les marchés financiers

Le bois vit une année absolument incroyable. Dans Les Echos, où on ne rigole pas tous les jours, on s’est autorisé un petit jeu de mot en disant que cette année le bois flambe. Et on ne vous parle pas de la déforestation et des incendies qui font des ravages au Brésil. Non. Ce qui a retenu notre attention c’est que le début de l’année, le bois est la matière première qui a le plus progressé sur les marchés financiers.

 

L’immobilier se porte bien en dépit de la crise du coronavirus

L’or, qui tourne autour de ses plus hauts historiques, n’affiche qu’un modeste +27% depuis janvier. Alors que les 1.000 pieds-planches de bois -qui est la manière standard d’évaluer le prix du bois de construction- a bondi d’un incroyable +120% aux Etats-Unis. Si vous aviez misé 100 millions d’euros sur le bois en début d’année, vous auriez en poche 220 millions. Plus de deux fois plus.
Comment expliquer cette flambée ? C’est une histoire de déséquilibre entre l’offre et la demande. Au début de la vague de Covid l’industrie forestière s’est dit que l’économie allait ralentir et du coup elle a moins produit.

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L’offre a chuté parce qu’on a coupé moins d’arbres et scié moins de troncs un peu partout. Mais en fait la demande a progressé. Le bois sert beaucoup dans la construction, en particulier en Amérique du Nord. Et pendant le Covid, les Américains ont acheté du bois comme jamais pour agrandir leurs maisons, pour construire des corona-terrasses. Et comme aujourd’hui les taux d’intérêts sont très bas, l’immobilier se porte bien en dépit de la crise et du coup la consommation reste élevée. Mais le bois est très cyclique. La demande étant là, l’offre va vite progresser et le bois devrait rechuter bien plus vite que l’or.

 

Les forêts occupent un tiers du territoire français

Mais est-ce que l’on ne risque pas de manquer de bois un jour ? C’est vrai que la forêt équatoriale recule mais globalement dans les pays riches, la forêt occupe à la fois beaucoup d’espace et elle progresse. En France par exemple, les forêts occupent un tiers du territoire. Et la surface est passée d’un peu plus de 14 millions d’hectares à plus de 16 millions en 20 ans parce qu’on exploite le bois.

 

 

On s’en sert dans la construction, l’ameublement, le papier, la fabrication de caisses pour la logistique. Et même si on en brûle encore, on s’en sert moins comme combustible. Comme le bois a un intérêt économique, on en prend soin et du coup chez nous il n’y a pas de risque de déforestation. Il faut faire attention à préserver la diversité des espèces, attention à la sécheresse et aux incendies mais nous ne sommes pas dans la situation des zones tropicales.

David Barroux